La posture en prise de parole en public

Pourquoi travailler sa posture ?

Amy Cuddy montre dans sa conférence Ted « Power Posings » l’impact de notre posture physique sur notre physiologie.

L’orateur qui se tient bien favorise la production d’hormones de confiance.

A l’inverse, l’orateur dont la posture n’est pas maintenue augmente son taux de cortisol, hormone associée au stress.

Se tenir bien droit, c’est renvoyer au public l’image d’un orateur qui fait attention à ce qu’il renvoie.

C’est aussi envoyer à son propre corps un message : « Si je me tiens bien, c’est que je suis en confiance »

Quelle posture physique adopter ?

La posture debout

L’ancrage au sol : l’orateur commence par s’ancrer dans le sol. Les deux pieds sont écartés suivant l’écartement naturel des hanches. S’ils sont trop écartés, ils plantent au sol l’orateur, le condamnant à l’immobilité. S’ils sont trop rapprochés, ils créent le risque que l’orateur se dandine, passant d’une jambe à l’autre en fonction de sa fatigue. Les genoux sont déverrouillés, de sorte à éviter tout tremblement incontrôlé.

L’ouverture du plexus solaire : l’orateur ouvre les épaules en rapprochant ses omoplates. Il finit par ramener les épaules vers le bas. Sans avoir besoin d’exagérer, il ouvre le plexus solaire et donne à son public l’impression d’une posture bien tenue.

Le port de tête : l’orateur imagine un fil partant de l’arrière du crâne vers le haut. Ce fil emmène la nuque dans le prolongement naturel du reste du corps. La tête est donc légèrement rentrée, et le menton reste à mi-hauteur.

La posture assise

La posture assise combine toutes les techniques de la posture debout. En outre, l’orateur assis privilégiera une assise sur le bord de la chaise et non au fond de la chaise. En effet, assis au fond de la chaise, l’orateur est invité à être en retrait et à se reposer sur son dossier. Assis sur le bord, le poids du corps est orienté vers l’avant, sur les jambes, et il est difficile de croiser les jambes. Son dos est légèrement vers l’avant, il gagne en dynamisme et en confiance. Ses mains, croisées ou décroisées sont posées sur la table.

Quelques recommandations supplémentaires…

L’orateur qui joue avec ses mains, ses cheveux, son stylo etc. créé des alternatives d’écoute. Le public est invité à se concentrer sur ces gestes incongrus et perd le fil de sa prise de parole. L’orateur fera en sorte de limiter le plus possible ces alternatives d’écoute grâce à une posture neutre.

Les déplacements dans l’espace sont tout à fait possible, à condition qu’ils soient cohérents avec le message de l’orateur. S’ils ne le sont pas, ils sont une alternative d’écoute aux yeux du public.

L’orateur se sert de ses mains comme prolongement naturel de son corps. Les gestes doivent être lents pour donner au public une sensation de maîtrise. Le geste appelant le regard, le plus possible, l’orateur effectuera ses gestes au-dessus de la ceinture. Les gestes s’effectuent dans une zone définie entre le nombril et la gorge de l’orateur. Au-dessus, ils cachent son visage. En dessous, il emmène le regard du public dans une zone qui ne comprend plus son visage.

« Un esprit sain dans un corps sain ». Une posture travaillée et stable donne à l’orateur le loisir de réfléchir calmement à ses idées. La posture physique étant très énergivore, on se gardera de la tenir pour des prises de parole très longues. Pour ce genre d’intervention,l’orateur est invité à mettre en place une version édulcorée, un peu plus relâchée de la posture.

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