Comment se présenter de manière originale ?

Faire la différence, être (re)connu(e) pour ce qu’on est, être capable de parler de soi… sont autant d’envies qui peuvent nous pousser à vouloir nous présenter aux autres ou en entretien de manière différente. Et pourtant… peu d’entre nous osent vraiment le faire et nous finissons toujours par nous présenter de manière banale pour rester conforme et ne pas prendre de risque social.

Quelques astuces pour penser différemment et booster votre présentation personnelle.

Pourquoi travailler sa présentation personnelle ?

Il y a trois intérêts :

  • Travailler son rapport à soi : la façon dont on se présente aux autres est déjà un discours qu’on porte sur soi-même. Si vous vous présentez comme quelqu’un d’inintéressant, vous renforcez une opinion de vous-mêmes qui est que, de toute façon, vous n’avez rien à dire. A l’inverse, travailler sa présentation personnelle, c’est se poser des questions sur son identité : qui suis-je, au fond ? est-ce que je m’identifie plutôt à mon job, à mes origines, à ma relation par rapport à autrui… ? et dans ce contexte particulier, face à cette personne, quel élément de mon identité j’aimerais mettre en valeur ?
  • Travailler son rapport à l’autre : oser se présenter tel qu’on le souhaite devant l’autre est une manière de s’affirmer, de se positionner et de permettre à l’autre de se positionner en retour. Par exemple, se présenter dans son entreprise comme un « Directeur » installe un positionnement hiérarchique. Se présenter à une soirée comme « le meilleur ami de… » installe un degré de proximité. Se présenter comme « féministe » ou « écologiste » installe un positionnement idéologique. Nos relations avec les gens sont influencées par la façon dont on se présente et pourraient parfois changer complètement si on s’était présenté différemment !
  • Déclencher des opportunités : se présenter peut parfois être un exercice stratégique. En entretien d’embauche, l’enjeu est de faire la différence parmi les autres candidats. En soirée networking, l’enjeu est d’intéresser l’autre pour déclencher une conversation. En soirée entre amis, l’enjeu peut parfois être de s’intégrer ou de séduire une personne qui fait partie du groupe. Si vous savez vous mettre en valeur, donner une information pertinente sur vous qui retiendra l’attention, vous ferez partie de ceux à qui on pensera.

N’est-ce pas un peu trop calculateur ? Ne risque-t-on pas de perdre sa spontanéité et son authenticité ?

Tout dépend du contexte. Si vous avez un objectif ou un enjeu derrière votre présentation personnelle (par exemple : entretien d’embauche, rendez-vous avec des potentiels partenaires…), il est primordial de la travailler pour vous donner toutes les chances de faire bonne impression.

Attention, il ne s’agit pas de mentir sur vous-mêmes, de vous faire passer pour une autre personne ou d’exagérer les choses… mais tout simplement de donner les informations pertinentes qui vous permettront de créer une relation ou une discussion. On a parfois que 2 minutes pour intéresser une personne. Pensez à toutes les occasions ou les rencontres que vous avez peut-être manquées parce que vous avez juste dit « je m’appelle Henri et j’ai 32 ans »… ce qui n’a probablement pas du tout inspiré la personne en face de vous. Cela ne vous rend pas moins authentique, au contraire, cela vous permet de créer l’occasion de l’être, en faisant comprendre à la personne que ça vaut le coup de vous connaître et de vous écouter.

La présentation personnelle est comme un « signal » que vous envoyez aux gens. De cette manière, vous pourrez attirer à vous les personnes qui s’identifient à vos centres d’intérêts ou à vos problématiques sans avoir à aller vers elles. Plutôt pratique non ? Nous avons tous envie d’attirer les bonnes personnes, celles qui nous correspondent, celles avec qui on se sentira épanoui, alors autant se signaler aux autres plutôt que de rester caché derrière une façade ennuyeuse, protectrice – certes – mais isolante aussi.

Quelques astuces pour pimper votre présentation

Astuce 1 : donnez une information insolite et pertinente sur vous

La manière la plus simple d’être original sans prendre trop de risque est de vous présenter de manière conventionnelle mais de rajouter une information insolite et pertinente.

  • insolite : qui change de l’habituel, inattendu, surprenant
  • pertinent : qui est en lien avec le contexte, la raison pour laquelle vous êtes là, ce que vous faites dans vie…

Par exemple, cela ne sert à rien de dire : « Je m’appelle Agathe, je suis formatrice en prise de parole en public et je porte toujours des chaussettes rouges« . On a une information insolite, certes, mais qui n’est pas pertinente.

Par contre, on peut dire : « Je m’appelle Agathe, je suis formatrice en prise de parole en public et ça ne se voit peut-être pas, mais je suis une ancienne timide !« 

Astuce 2 : Remplacez le titre de votre job par une phrase

Lors d’un événement networking ou une soirée, nous n’avons souvent que 30 secondes pour nous présenter en une seule phrase. La plupart des personnes se présentent à travers leur métier. Il y a plusieurs inconvénients :

  1. c’est extrêmement réducteur
  2. le titre d’un job est souvent incompréhensible pour ceux qui ne sont pas dans ce domaine (encore pire aujourd’hui avec tous les anglicismes qu’on utilise)
  3. ce qui en découle est parfois une idée préconçue du métier qui vous range dans une case dans laquelle vous ne souhaitez pas forcément être

Présenter son métier sous la forme d’une phrase consiste à ne pas dire : « Bonjour, je m’appelle Agathe et je suis formatrice en prise de parole en public » mais plutôt à dire « Bonjour, je m’appelle Agathe et j’aide les personnes à être plus à l’aise et convaincants à l’oral. »

Remplacer votre titre par une phrase a plusieurs avantages :

  1. il permet d’être plus compréhensible pour le commun des mortels et de vulgariser votre métier
  2. il permet d’intriguer, de créer de la curiosité qui va déclencher une question, une discussion : « ah bon ? je ne savais pas que ça existait comme métier. Et tu fais comment exactement ? »
  3. il permet de donner du sens à ce que vous faites.

De manière générale, donner du sens à ce qu’on fait est ce qui permet d’être plus intéressant, inspirant ou impactant à l’oral.

Simon Sinek, dans son fameux livre « Start with Why », explique que la plupart des personnes communiquent à l’envers. Elles disent ce qu’elles font (WHAT), comment elles le font (HOW) mais rarement pourquoi elles le font (WHY). Or le plus important est la réponse à ce fameux « pourquoi ? ». Pourquoi vous vous levez le matin ? Qu’est-ce qui vous motive dans la vie ?

Les grands leaders, ceux qui inspirent et incitent à l’action sont ceux qui communiquent fondamentalement sur le POURQUOI :

Astuce 3 : utilisez le storytelling

Si vous avez un peu plus de temps que 30 secondes pour vous présenter, par exemple 2 min, vous pouvez vous présenter en racontant une petite histoire qui explique pourquoi vous êtes là.

Raconter une histoire a deux avantages :

  1. cela permet d’être plus mémorable : il est plus facile pour une personne de se souvenir d’une petite histoire qui comporte sa propre logique que d’une liste d’informations déconnectées entre elles. Evitez de vous présenter sous la forme d’une liste de courses : « Je m’appelle Henri, j’ai 32 ans, deux enfants, je suis directeur d’une agence de voyage, je suis originaire de Bretagne mais j’habite à Nanterre, j’adore jouer de la guitare et j’ai un chien« . Au contraire, plutôt que d’essayer de TOUT dire sur vous-mêmes, choisissez un angle d’attaque, une facette de votre identité, sur laquelle construire une histoire. Par exemple : « Je m’appelle Henri, je viens de Bretagne. J’ai passé toute mon enfance et mon adolescence au bord de la mer à faire de la voile avec mon père. C’est peut-être ce qui m’a donné le goût du grand air, du voyage et de l’aventure. Quand j’ai dû partir à Paris pour faire mes études, le voyage m’a énormément manqué. Pas de mer ou de grands espaces à proximité. C’est pour cette raison qu’aujourd’hui, je me rattrappe en dirigeant une agence de voyages. Comme j’adore voyager, je trouve un certain sens à aider d’autres personnes à s’évader. Je suis passionné par ce que je fais, je reviens souvent en Bretagne et je voyage aussi beaucoup à côté. Dernièrement j’ai été en Australie, en Norvège et là je prépare mon prochain voyage au Brésil. » Dans cet exemple, on comprend que le thème central est celui du voyage et ça suffit pour qu’on se souvienne de vous. Personne n’a besoin de connaître toute votre vie dans les 2 premières minutes d’une rencontre.
  2. cela permet de vous présenter comme une personne en évolution : dans une histoire, vous pouvez parler de votre parcours, de votre passé, de votre présent et de votre futur. Cela permet de vous présenter comme une personne plus complète, qui a une histoire, qui a évolué dans le temps et qui continue d’évoluer. Votre identité n’est pas figée. Vous n’êtes pas réduit à une case ou à une étiquette. Ce qui est souvent intéressant chez une personne, ce qu’on cherche à savoir sur elle, c’est : d’où elle vient, qu’est-ce qui l’anime aujourd’hui et où elle souhaite aller demain. C’est beaucoup plus intéressant et excitant !

Astuce 4 : soyez précis

Quand vous racontez une histoire ou quand vous parlez de vos centres d’intérêt, soyez le plus précis possible. Plus vous êtes vague, abstrait et général, et plus vous êtes banal.

Par exemple, au lieu de dire : « J’adore voyager« , dites plutôt : « J’adore voyager dans des endroits complètements dépaysants comme l’Inde, la Mongolie ou la Colombie. Ce qui m’intéresse dans le voyage, c’est la déconnexion avec le quotidien et la découverte de cultures fondamentalement différentes de la mienne« .

Au lieu de dire : « J‘adore le cinéma« , dites plutôt : « J’adore les films italiens des années 50« . Au lieu de dire : « J‘aime écouter de la musique« , dites plutôt « J’adore le rock alternatif et mon groupe préféré est Muse« .

Tout le monde adore voyager et aller au cinéma, ce qui est plutôt consensuel… par contre vous vous différencierez vraiment des autres en spécifiant vos goûts et en étant précis à propos d’eux.

Astuce 5 : enfoncez les portes ouvertes

Cette astuce est particulièrement valable si vous savez que vous êtes une personne différente et que ça se voit. Par exemple : vous êtes le seul garçon du groupe, vous avez un accent étranger, vous êtes très petit ou très grand, vous avez un nom de famille improbable…

Au lieu d’essayer de le cacher, ce qui est inutile puisque tout le monde le remarquera, pourquoi ne pas en tirer parti en enfonçant les portes-ouvertes ? Ce que vous percevez comme un désavantage, un défaut qui vous ostracise des autres, peut devenir votre avantage et votre facteur différenciant !

Par exemple : « Comme vous l’entendez, j’ai un petit accent. Je viens des Etats-Unis. J’ai appris le Français pendant mes études là-bas, je suis mariée à un Français et je suis venue aujourd’hui pour suivre mon conjoint. Ma famille avait très peur que je vienne ici parce qu’ils croyaient que c’était la révolution. J’ai dû passer beaucoup de temps à leur expliquer que faire la grève en France était tout à fait normal !« 

Les autres apprécieront votre capacité à mettre en avant votre vulnérabilité et cela vous permettra aussi d’être instantanément plus à l’aise au sein du groupe.

Variante : à partir de cette astuce, vous pouvez aussi vous présenter sous l’angle d’un de vos défauts, qui peut être physique mais aussi être un trait de personnalité.

Par exemple : « Je suis celui qui est arrivé en retard et c’est un de mes plus gros défauts. D’ailleurs je tenais à m’excuser. Depuis que je suis tout petit, j’arrive en retard… Pour tout vous dire, ça a commencé à la naissance. Je suis né au bout de 10 mois si bien que tout le personnel médical se demandait si j’allais être normal. A l’école, j’étais toujours le dernier. En sport, pareil. Mais je me rassure en me disant que si ça continue, c’est aussi moi qui mourrai le dernier !« 

Comme vous le voyez, on frise la caricature et il faut être particulièrement à l’aise avec soi-même pour oser faire une présentation humoristique. Il faut aussi bien maîtriser les ressorts de l’humour pour faire rire les autres. Mais c’est typiquement un des stratagèmes qu’utilisent ceux qui font des one-man shows pour parler d’eux et attirer l’empathie du public. Après ce genre de présentation : vous serez à coup sûr inoubliable !

Gérer son stress pour parler en public

Dans ce TED Talk, Kelly McGonigal nous explique que le stress n’est pas forcément quelque chose de mauvais : au contraire, on peut le transformer en véritable ami.

Le stress n’est pas forcément quelque chose de négatif

Personne n’aime le stress. On a le coeur qui bat, des bouffées de chaleur, les mains moites et tremblotantes… Ces signaux corporels sont pourtant le signe que votre corps se prépare à l’épreuve ! Et oui, il met en place toutes les conditions pour vous aider à fuir ou combattre dans une situation de danger : un mécanisme que notre corps a mis en place pour survivre. Certains sportifs affirment même que sans stress, ils ne seraient pas capable de donner le meilleur d’eux-mêmes et d’atteindre la performance.

Si vous ressentez les symptômes du stress, commencez d’abord par vous en féliciter. Vous êtes en pleine préparation pour faire une performance et heureusement que le stress est là ! L’enjeu n’est donc pas de faire disparaître le stress. Il sera toujours là, quoi que vous fassiez. C’est automatique. Même les plus grands comédiens, après des années de pratique, ressentent toujours le trac avant d’entrer en scène.

L’objectif est plutôt d’apprendre à gérer le stress pour que son pouvoir ne soit pas paralysant mais plutôt à notre service !

Comment gérer le stress ?

Il y a plein de manières de réguler son niveau de stress. Le stress est à la fois un phénomène physique (on ressent ses symptômes dans notre corps) et un phénomène psychologique (on imagine des scénarios catastrophes ce qui amène notre cerveau à se mettre en mode « survie »).

On peut agir sur l’aspect physique par plusieurs exercices de respiration et de cohérence cardiaque qui vont nous aider à faire baisser les battements de notre coeur et à stabiliser notre respiration. On peut aussi aider notre corps à se détendre musculairement par des massages du visage ou même par un peu de sport !

On peut agir sur l’aspect psychologique également par des outils comme la visualisation (qui va nous aider à imaginer des scénarios positifs plutôt que négatifs), les affirmations, la rationalisation…

Chacun a ses techniques, le plus important est de trouver celle qui peut fonctionner pour vous ! Mais s’il y’en a une qui fonctionne à tous les coups, c’est celle de travailler sur son rapport à l’échec.

Le rapport à l’échec : une question d’enjeu

Beaucoup de personnes n’ont aucun stress pour parler en public devant des gens qu’elles connaissent mais sont tout de suite beaucoup plus paniquées lorsqu’il y a un enjeu particulier : pitcher devant des investisseurs, faire une soutenance de thèse devant un jury, prendre la parole lors d’une réunion importante…

C’est finalement l’enjeu qu’on y met qui va créer la pression source du stress dans de nombreux cas… et la peur de l’échec associée. On a peur du regard des autres, on a peur d’essayer par crainte de dire des bêtises, de ne pas être assez intéressant, d’être jugé, de ne pas être à la hauteur, de ne pas se souvenir de tout etc.

Lors du prochain cours, nous allons justement pratiquer des exercices issus du théâtre d’improvisation qui vont vous aider à être plus à l’aise avec l’idée de l’échec et du jugement d’autrui. Lorsqu’on dédramatise la prise de parole, on se sent libre d’essayer plus de choses, de s’exprimer comme les idées nous viennent et surtout : on finit par être vacciné à l’échec !

Et vous, avez-vous d’autres interprétations sur le stress ? Et déjà des techniques que vous utilisez ?

Improviser une prise de parole

Certains sont à l’aise lorsqu’ils ont préparé leur prise de parole parce qu’ils connaissent parfaitement leur sujet et savent ce qu’ils ont à dire… mais sont rapidement déstabilisés dans un contexte d’interaction, de questions-réponses ou lorsqu’on leur demande de s’exprimer à l’improviste.

Vous en faites partie ? Ne vous inquiétez pas, l’art de la répartie et de l’improvisation, ça se pratique !

Pardoxalement, l’improvisation, ça se travaille…

Et oui, on aurait tendance à penser que la capacité à improviser est une capacité naturelle, comme les chats qui retombent toujours sur leurs pattes, or il n’en est rien. Pour devenir un bon humoriste ou un bon improvisateur, il faut s’entraîner.

Prenez l’exemple d’un pianiste qui improvise un morceau de jazz. Pensez-vous que cet homme n’a jamais touché un piano de sa vie et s’est dit « tiens, je vais taper sur les touches et voir ce que cela donne ? ». Bien sûr que non. C’est au contraire un musicien chevronné, qui connaît parfaitement son instrument, travaille dur et, surtout, connaît parfaitement ses gammes, qui lui permettent de composer des mélodies harmonieuses sur le moment !

Connaître ses gammes, ça signifie avoir répété des blocs ou des schémas qui fonctionnent. En prise de parole, cela veut dire que vous avez travaillé des textes ou des interventions sur un sujet, que vous connaissez peut-être des histoires ou des citations sur le bout des doigts. Et c’est parce que vous connaissez bien ces blocs que vous êtes capable, sur le moment, de les ré-assembler pour construire une prise de parole nouvelle.

En somme, on improvise jamais à partir de quelque chose qu’on ne connaît pas… Improviser, ce n’est pas claquer des doigts comme un coup de baguette magique, c’est « sortir spontanément quelque chose qui est déjà en soi« .

Mais comment improviser sur un sujet qu’on connaît peu ou très peu ?

La recette consiste à relier ce sujet à n’importe quelle chose que vous pouvez justement connaître ou dont vous pouvez parler.

Cela nécessite cependant d’être dans une bonne disposition physique qui vous permet d’être réceptif et agile : être extrêmement détendu musculairement (et pas crispé ou stressé), être à l’écoute, en pleine conscience, l’esprit observateur et vif.

Si vous êtes trop dans votre tête, il y a de fortes chances pour que votre cerveau fasse un blocage, que vous analysiez trop la situation et soyez incapable de répondre sur le moment.

Cela nécessite aussi de travailler sa créativité et son lâcher-prise pour faire de bonnes associations d’idées qui vont constituer un fil rouge pour parler sur presque n’importe quoi… et de mettre de côté le facteur émotionnel pour prendre du recul par rapport à la situation et la transformer en jeu !

De nombreux exercices issus du théâtre d’improvisation et pratiqués en cours vont vous permettre de développer ce muscle qui est en vous !

Comment structurer sa prise de parole ?

Pour structurer sa prise de parole, il faut déjà savoir où on va… C’est-à-dire avoir une idée claire de son message. La structure n’est que le chemin pour y arriver.

Pour cela, nous vous conseillons de préparer au préalable, dans le laps de temps que vous pouvez, un PTTOME qui va vous permettre de savoir ce que vous voulez dire et où vous allez. Une fois que votre PPTOME est bien clair et que vous avez votre intention en tête, il va falloir trouver une structure adéquate pour faire passer votre message.

Les structures narratives

Les structures narratives sont des modèles qui vous permettent de structurer une prise de parole en enchaînant vos idées dans un ordre logique en fonction de votre objectif.

La structure de la conviction

En 5 étapes :

  1. Description de la situation : Beaucoup de personnes, notamment les jeunes, s’intéressent à la politique mais ne vont pas voter…
  2. Emergence du problème : Le problème est que ces personnes ne croient plus au vote comme mode d’expression politique, l’appel à voter ne leur parle pas assez ou elles ne savent tout simplement pas pour qui voter…
  3. Solution proposée : C’est pourquoi nous avons pris l’initiative de proposer un mode d’expression politique innovant : une pièce de théâtre immersive sur un sujet de société qui fait polémique dans laquelle les spectateurs sont pris à parti…
  4. Bénéfices de cette solution : … Le but est de permettre au public de se divertir, de se sensibiliser sur un sujet de débat ou de susciter ses réactions. Les spectateurs sont amenés à voir un sujet sous différents angles grâce aux personnages et à la représentation scénarisée. Ils restent souvent discuter à l’issue de la pièce et partagent leurs réflexions.
  5. Appel à l’action : Si vous souhaitez assister à notre pièce, nous nous produisons au théâtre Rive droite le 15 janvier à 19h. N’hésitez pas à venir nous voir !

Vous pouvez aussi resserrer cette structure en 3 étapes :

  1. Problème
  2. Solution
  3. Bénéfices

L’objectif : convaincre, pousser à l’action.

Exemples d’application : donner son opinion, pitcher un projet, vendre un produit, mobiliser des personnes…

Le storytelling

En 5 étapes :

  1. Situation initiale : le héros vit dans son quotidien habituel.
  2. Elément perturbateur : une rencontre ou un événement déclencheur perturbe son quotidien et l’appelle à l’aventure.
  3. Péripéties : après hésitation, le héros s’engage et vit différentes aventures et épreuves.
  4. Dénouement : souvent sous la forme d’un combat ou d’une épreuve finale, le héros se trouve à un moment de vérité.
  5. Situation finale : après avoir dépassé l’épreuve finale, le héros revient à sa situation initiale mais il a appris une leçon ou a été transformé.

L’objectif : divertir ou inspirer le public en racontant une histoire, une expérience vécue.

Exemples d’application : décrire une expérience pendant un entretien d’embauche, faire un discours inspirant devant un large public (ex: conférence TED), convaincre par l’exemple en racontant une anecdote…

Pour en savoir plus sur la structure du storytelling qui a été énormément reprise dans les films hollywoodiens :

La structure « média-training »

En 4 étapes :

  1. Reformuler la question
  2. Donner son point de vue
  3. Illustrer par un exemple
  4. Conclure en réaffirmant son point de vue

L’objectif : convaincre, informer.

Exemples d’application : répondre à une interview, donner son opinion de manière improvisée…

La structure de l’entonnoir

La structure de l’entonnoir consiste à aller du plus général au plus particulier (ex: décrire une situation de manière générale puis pointer un exemple ou un détail précis).

Variante : la structure du sablier.
Il s’agit d’aller du général au particulier puis d’ouvrir sur une conclusion plus générale.

Exemple : J’ai travaillé pendant 10 ans dans le cabinet de conseil X, spécialisé en conduite du changement et transformation numérique. (général) J’avais un poste de Manager et j’ai été amené à gérer une équipe de 5 personnes. (plus précis) J’ai plus précisément travaillé sur un projet de refonte du système RH d’une entreprise par l’implémentation d’un nouveau logiciel. (focus encore plus précis) Au cours de ce projet, j’ai été confrontée à un problème managérial : par exemple un matin, un collègue est arrivé soûl au travail… (exemple concret)

L’objectif : informer, démontrer, convaincre…

Exemples d’application : raconter une expérience professionnelle à un entretien d’embauche, donner son opinion sur un sujet…

La structure chronologique

En 3 étapes :

  1. Avant : Avant la loi disait…
  2. Aujourd’hui / Après : Aujourd’hui, suite à la réforme, la loi prévoit…
  3. Conséquences : Ce qui va changer pour vous, c’est que vous devrez désormais…

L’objectif : informer, pousser à l’action…

Exemples d’application : présenter un sujet en réunion, parler d’une évolution…

Et vous, connaissez-vous d’autres structures « qui marchent » ?

Comment préparer une prise de parole en public ?

Combien de personnes avons-nous déjà écoutées qui prennent la parole sans savoir à l’avance ce qu’elles veulent vraiment nous dire ?

Le résultat : le propos est confus, incohérent, difficile à suivre. La personne se perd elle-même dans des détails, dans des parenthèses ouvertes et jamais refermées et perd aussi son public par la même occasion.

La prise de parole est un voyage

Prendre la parole en public, c’est emmener son auditoire vers une destination. Pensez-vous réellement l’intéresser ou le convaincre de vous suivre si vous ne savez vous-même pas où vous voulez aller ? Pensez-vous trouver le bon itinéraire et les moyens d’y arriver si vous ne connaissez pas votre point d’arrivée ?

La réponse est : probablement que non. Si certains d’entre nous sont d’excellents improvisateurs, l’improvisation ne peut s’acquérir en réalité sans pratique et sans préparation. Et si vous avez le temps de vous préparer, il faut le faire !

Comment préparer sa prise de parole ?

Si vous savez que vous avez une prise de parole ou une présentation à faire dans un jour, une semaine ou un mois, commencez dès maintenant à la préparer !

Mais avant de vous lancer tout de suite dans la rédaction de votre discours, commencez impérativement par définir votre destination (vous savez, l’histoire du voyage…).

En effet, si vous ne savez pas quel est votre message et ce que vous souhaitez transmettre à votre public, votre discours sera décousu et mal structuré.

Pour cela, un outil pratique : le PTTOME. Cet acronyme représente les 6 questions essentielles que vous devez vous poser pour préparer et appréhender votre prise de parole.

Le PTTOME

Chaque lettre signifie une question à se poser.

  • Public : à qui vous adressez-vous ?
    • => pour connaître les attentes de son public et s’adapter à lui.
  • Thème : quel est le thème ou le sujet de votre prise de parole ?
    •  => pour cadrer les limites de votre sujet et éviter le hors-sujet ou les questions non pertinentes du public.
  • Temps : de combien de temps disposez-vous ?
    • => votre contenu ne sera pas le même si vous avez 3 min ou 1h. Dans le premier cas, il faudra faire des choix sur les informations les plus importantes.
  • Objectif : quel est l’objectif de votre prise de parole ? (Convaincre ? Distraire ? Informer ? Pousser à l’action ?)
    • => pour définir l’intention de votre prise de parole et mesurer l’atteinte de cet objectif comme critère de succès de votre discours.
  • Message : en une phrase, que souhaitez-vous que le public retienne ?
    • => pour rester concentré sur l’essentiel et faire en sorte que votre discours laisse une trace pérenne dans l’esprit de votre public.
  • Emotion : quelle émotion voulez-vous que le public ressente ?
    • => pour transmettre cette émotion, il faut aussi que vous puissiez l’incarner.

Exemple :

Public : les citoyens français

Thème : la protection de l’environnement

Temps : 5 minutes.

Objectif : faire passer à l’action

Message : chacun d’entre nous peut contribuer à la protection de l’environnement en commençant par trier ses déchets

Emotion : inspiration

Vous pouvez ensuite synthétiser ce PTTOME en une phrase qui résume votre intention et que vous pourrez garder en tête pour aller droit au but.

Exemple : Je souhaite prendre la parole auprès des citoyens français pour leur parler de la protection de l’environnement et les inspirer afin que chacun décide d’agir en commençant par trier ses déchets.

Et après ?

Une fois que votre PTTOME est clair dans votre tête, gardez-le en mémoire et improvisez une prise de parole en ayant uniquement cette destination et cet objectif final en tête. Entraînez-vous à l’oral à essayer de transmettre votre message spontanément, seul devant votre caméra ou bien devant un proche. Vous serez surpris de voir à quel point votre discours est plus concis et va droit au but.

Bien entendu, cette première prise de parole ne sera qu’un premier jet, imparfait. Mais elle vous donnera une première base à partir de laquelle travailler.

Si vous vous êtes enregistrés, regardez-vous et notez sur une feuille de papier ce que vous avez raconté. A partir de cette base, vous pourrez améliorer votre discours : supprimer des phrases, changer l’ordre de certaines idées, rajouter des éléments que vous aviez oublié.

Et petit à petit, votre discours se structurera après plusieurs essais…

Les avantages de cette méthode :

  • pratiquer la prise de parole réellement en se mettant dès le départ en situation
  • avoir une structure directement issue de notre manière spontanée de réfléchir, ce qui facilite la mémorisation
  • être plus créatif car des idées émergeront sur le moment
  • s’entraîner et répéter pour assimiler son discours, le mémoriser sans forcément le figer et être toujours capable de le réinventer dans l’instant

3 questions sur la voix en prise de parole en public

Pourquoi la voix est importante en prise de parole en public ?

  • pour créer un confort d’écoute : le discours sera plus agréable à écouter pour le public si la voix est belle et audible. Quelqu’un qui parle avec le nez ou qu’on ne peut pas entendre demande des efforts d’attention supplémentaires au public. Le public est une masse dont l’attention est fragile et qui, par sa situation passive, a tendance à être paresseux et à vouloir faire le moins d’efforts possibles !
  • pour transmettre des émotions : les émotions dans un discours sont ce qui permet de toucher le coeur et les tripes du public et donc de le faire passer à l’action ou de laisser une trace pérenne dans son esprit. La voix est reconnue comme étant un transmetteur d’émotions : on peut ressentir des émotions rien qu’en écoutant la voix d’une personne (un chanteur ou quelqu’un au téléphone par exemple). De plus, lorsqu’on a une forte émotion, elle transparaît aussi dans notre voix, il est difficile de la cacher. Quelqu’un de stressé va avoir une voix qui tremble ou plus aigüe. Quelqu’un qui a subi un traumatisme ou un choc psychologique et émotionnel peut avoir la voix coupée : une incapacité à parler.
  • pour être à l’aise avec soi-même et gagner confiance en soi : si on aime pas sa voix, c’est comme lorsqu’on aime pas son corps. On a du mal à s’accepter, on se dévalorise, on perd confiance en soi. Apprendre à aimer sa voix, être fier de sa voix, oser hausser la voix pour se faire entendre est un vrai travail sur soi mais une fois qu’on y arrive, on se sent plus libre, plus affirmé, mieux dans son corps !

Pourquoi les gens n’aiment souvent pas leur voix ?

Les gens n’aiment pas leur voix parce que la voix qu’on entend dans sa tête est différente de celle que les autres entendent. Et lorsqu’on s’enregistre et qu’on s’entend parler, on ne peut pas supporter de s’écouter. Ce n’est pas parce que notre voix est laide, c’est parce que le décalage entre notre perception et la réalité est énorme : cela nous paraît monstrueux.

Le corps est une caisse de résonnance. Comme nous sommes à l’intérieur de la caisse, le son qu’on entend de l’intérieur est déformé par rapport au son perçu de l’extérieur. Une fois qu’on comprend cela, on peut mieux accepter la différence de voix et mieux accepter sa voix ou du moins être plus tolérant avec ce qu’on entend !

Pour travailler sa voix, il faut écouter sa voix mais pas seulement puisqu’on ne peut pas se fier totalement à ce qu’on entend (le son est déformé). Il faut aussi “écouter son corps”, ce sont nos sensations corporelles qui vont nous donner les indices fiables sur notre voix. 

Est-ce qu’on peut changer sa voix ?

On ne peut pas changer de voix dans le sens où on est né avec des cordes vocales qu’on ne peut pas changer. Chacun a sa voix et heureusement qu’on n’a pas tous la même voix.

Par contre, on peut travailler sa voix, apprendre à jouer avec, à faire différents effets. On peut faire plein de notes différentes avec sa voix, aller du grave vers l’aigu, du faible au fort… Certaines personnes roulent en Peugeot, d’autres en Citroën. Peu importe la voiture que vous avez, le plus important c’est de bien conduire ! La voix c’est pareil : on a tous des voix différentes mais on peut apprendre à bien l’utiliser !

Les imitateurs sont de très bons exemples de tout ce que nous pouvons faire avec notre voix. Les humoristes qui imitent les voix de personnalités célèbres ne changent pas réellement leur voix : ils travaillent sur certains aspects de la voix (rythme, intonation, tics de parole…) pour reproduire « la façon de parler » d’une personne, son identité vocale, qui nous donne ainsi l’illusion d’entendre quelqu’un d’autre. 

Exemple d’un imitateur qui explique les 5 caractéristiques de la voix sur lesquelles on peut jouer :

 

La posture en prise de parole en public

Pourquoi travailler sa posture ?

Amy Cuddy montre dans sa conférence Ted « Power Posings » l’impact de notre posture physique sur notre physiologie.

L’orateur qui se tient bien favorise la production d’hormones de confiance.

A l’inverse, l’orateur dont la posture n’est pas maintenue augmente son taux de cortisol, hormone associée au stress.

Se tenir bien droit, c’est renvoyer au public l’image d’un orateur qui fait attention à ce qu’il renvoie.

C’est aussi envoyer à son propre corps un message : « Si je me tiens bien, c’est que je suis en confiance »

Quelle posture physique adopter ?

La posture debout

L’ancrage au sol : l’orateur commence par s’ancrer dans le sol. Les deux pieds sont écartés suivant l’écartement naturel des hanches. S’ils sont trop écartés, ils plantent au sol l’orateur, le condamnant à l’immobilité. S’ils sont trop rapprochés, ils créent le risque que l’orateur se dandine, passant d’une jambe à l’autre en fonction de sa fatigue. Les genoux sont déverrouillés, de sorte à éviter tout tremblement incontrôlé.

L’ouverture du plexus solaire : l’orateur ouvre les épaules en rapprochant ses omoplates. Il finit par ramener les épaules vers le bas. Sans avoir besoin d’exagérer, il ouvre le plexus solaire et donne à son public l’impression d’une posture bien tenue.

Le port de tête : l’orateur imagine un fil partant de l’arrière du crâne vers le haut. Ce fil emmène la nuque dans le prolongement naturel du reste du corps. La tête est donc légèrement rentrée, et le menton reste à mi-hauteur.

La posture assise

La posture assise combine toutes les techniques de la posture debout. En outre, l’orateur assis privilégiera une assise sur le bord de la chaise et non au fond de la chaise. En effet, assis au fond de la chaise, l’orateur est invité à être en retrait et à se reposer sur son dossier. Assis sur le bord, le poids du corps est orienté vers l’avant, sur les jambes, et il est difficile de croiser les jambes. Son dos est légèrement vers l’avant, il gagne en dynamisme et en confiance. Ses mains, croisées ou décroisées sont posées sur la table.

Quelques recommandations supplémentaires…

L’orateur qui joue avec ses mains, ses cheveux, son stylo etc. créé des alternatives d’écoute. Le public est invité à se concentrer sur ces gestes incongrus et perd le fil de sa prise de parole. L’orateur fera en sorte de limiter le plus possible ces alternatives d’écoute grâce à une posture neutre.

Les déplacements dans l’espace sont tout à fait possible, à condition qu’ils soient cohérents avec le message de l’orateur. S’ils ne le sont pas, ils sont une alternative d’écoute aux yeux du public.

L’orateur se sert de ses mains comme prolongement naturel de son corps. Les gestes doivent être lents pour donner au public une sensation de maîtrise. Le geste appelant le regard, le plus possible, l’orateur effectuera ses gestes au-dessus de la ceinture. Les gestes s’effectuent dans une zone définie entre le nombril et la gorge de l’orateur. Au-dessus, ils cachent son visage. En dessous, il emmène le regard du public dans une zone qui ne comprend plus son visage.

« Un esprit sain dans un corps sain ». Une posture travaillée et stable donne à l’orateur le loisir de réfléchir calmement à ses idées. La posture physique étant très énergivore, on se gardera de la tenir pour des prises de parole très longues. Pour ce genre d’intervention,l’orateur est invité à mettre en place une version édulcorée, un peu plus relâchée de la posture.

Comment j’ai vaincu ma peur de parler en public

Je n’ai jamais été une grande gueule ou quelqu’un d’extraverti.

De nature plutôt discrète et réservée, je n’étais pas de celles qui s’exprimaient en classe sans qu’on leur ai donné la parole.

J’ai très tôt remarqué que certaines personnes avaient plus de facilités que moi pour s’exprimer à l’oral, que ce soit dans les études ou lors de diverses occasions sociales.

Lorsqu’il fallait que je parle en public, je faisais comme la plupart des personnes qui n’ont pas d’aisance à l’oral et tentent comme elles peuvent de masquer leur stress.

J’écrivais tous mes propos sur une feuille à laquelle je me raccrochais ou j’apprenais par coeur mon discours en espérant être capable de me rappeler de tout sur le moment. Deux choses à ne strictement pas faire en prise de parole en public… mais que je ne savais pas encore.

Aujourd’hui, je repense à cette période en souriant et en regardant avec fierté le chemin parcouru.

Car OUI, on peut ne pas être à l’aise en prise de parole en public et le DEVENIR.

OUI, on peut finir par AIMER prendre la parole jusqu’à devenir excité de le faire, trépigner d’impatience à l’idée d’intervenir devant un public et se sentir serein pour faire un discours devant 100 personnes.

COMMENT cette évolution est-elle possible ?

Voici le récit de mon expérience.

Voici le récit d'Agathe Chapalain, sa progression en prise de parole en public

Tout commence par l’apprentissage d’une technique de prise de parole en public

Est-ce que vous aussi, lorsque vous prenez la parole en public, vous avez l’impression de tomber dans une dimension parallèle ?

Le stress vous envahit, vous avez chaud, des choses bizarres se passent dans votre corps. Mains moites, tremblement, mal de ventre… Il paraît difficile d’avoir les idées claires, parfois même de discerner correctement le public qui se trouve face à nous. On prononce des mots mais la seconde d’après on a déjà oublié ce qu’on a dit.

Tout se passe comme si nous ne contrôlions absolument rien, comme si on nous avait jeté à l’eau alors qu’on ne sait pas nager.

Cette sensation, je l’ai déjà vécu à plusieurs reprises.

Cette même sensation de sauter dans le vide sans parachute, sans rien avoir auquel se raccrocher.

Jusqu’à ce que je comprenne pourquoi : si j’avais tant cet impression de VERTIGE, c’est parce que je ne SAVAIS PAS comment m’y prendre. Que faire de mes mains ? Dois-je prendre mes notes ou pas ? Où regarder ? Comment occuper l’espace ?

C’est comme conduire une voiture qui fonce sans avoir le permis : on est paniqué face au tableau de commande qu’est notre corps, tous les signaux d’alarme sont allumés et on ne sait pas comment arrêter la machine.

Tout a changé le jour où j’ai appris qu’il existait des techniques pour prendre la parole en public.

Toutes les questions que je me posais avaient en fait une réponse.

J’avais déjà suivi des ateliers avec un comédien, fait un peu de théâtre quand j’étais plus jeune et même suivi un cours de joutes oratoires pendant mes études. Ce n’était donc pas comme si j’ignorais que des cours existaient. Seulement j’avais toujours eu l’impression que ces cours étaient des jeux de dupes, où il fallait faire semblant de faire les exercices du prof et d’être à l’aise, faire le clown pour faire rire l’assemblée et montrer qu’on savait parler.

En fait, dans ces ateliers et événements, on n’apprenait pas vraiment de TECHNIQUE, pas vraiment de MÉTHODE. C’était à chacun de se débrouiller, à chacun de survivre.

Le jour où j’ai assisté à un vrai cours d’art oratoire,

dans une école d’art oratoire,

avec des profs qui enseignaient leurs cours selon un programme sérieux et des élèves qui apprenaient tous dans une démarche de progression, mon stress a petit à petit commencé à s’évanouir.

J’ai compris ce qu’il me manquait.

Ce qu’il me manquait c’était un CADRE d’APPRENTISSAGE BIENVEILLANT et une TECHNIQUE de prise de parole en public.

Ce bagage technique, je l’ai toujours avec moi aujourd’hui et je l’emmène partout où je suis amenée à prendre la parole. J’ai en partie vaincu ma peur de parler en public parce que maintenant, je suis capable de m’appuyer sur des techniques que j’ai répétées et répétées des centaines de fois.

Mais l’apprentissage d’une technique ne fait pas tout.

Il ne suffit pas d’apprendre pour être à l’aise et c’est mon deuxième point qui a été une vraie révélation pour moi.

Il n'y a pas de talent, que de l'entrainement. Surtout en ce qui concerne la prise de parole en public

Pratiquer de manière répétée pour s’exposer à sa peur

Rien ne sert d’écouter un professeur sur comment apprendre à nager si on ne se jette pas à l’eau pour essayer.

De même, vous pourrez lire des livres, des articles ou même regarder des vidéos sur la prise de parole en public, ce n’est pas comme ça que vous réussirez à apprendre ou à vous améliorer.

Je suis désolée de vous décevoir mais ce n’est pas à la fin de cet article que vous aurez vaincu votre peur de parler en public.

ON NE PEUT PAS espérer s’améliorer en prise de parole sans OSER se mettre en dehors de cette zone de confort et s’EXPOSER pour prendre la parole.

Et c’est là que le cadre d’apprentissage bienveillant est très important. Car comment s’exposer, avoir le courage de faire des erreurs et de parler en public si on est pas assuré que ce public est bienveillant, respectueux et encourageant ?

Le fait de pratiquer la prise de parole dans ce cadre-là m’a permis de progresser et de gagner rapidement en aisance au fil des semaines.

Mais mieux encore, c’est en rejoignant l’association de démocratisation de l’art oratoire ADAO et en commençant à re-transmettre tout ce que j’ai appris sur l’art oratoire à des personnes qui étaient comme moi il y a quelques années que j’ai réellement pu gagner en confiance et en aisance.

C’est le fait d’animer ces ateliers régulièrement en étant dans la posture d’oratrice que j’ai vraiment pu mettre en pratique tout ce que j’avais appris et me perfectionner.

Désormais après toutes ces répétitions je n'ai plus peur de parler en public

Maintenant, je peux dire que je n’ai plus peur de parler en public car j’y ai été tellement exposée que mon cerveau ne calcule même plus cette épreuve. Il y est habitué.

J’ai toujours le trac, bien sûr, ce petit stress qui monte avant de prendre la parole mais il finit par se dissiper après les premières minutes. Rien de bien grave !

VOUS AUSSI vous pouvez tout à fait espérer atteindre cette aisance à l’oral. Si je l’ai fait alors que j’étais timide et sans aptitude naturelle, alors VOUS AUSSI vous pouvez le faire.

Vous pouvez vous exposer à la prise de parole en intervenant plus régulièrement en classe, en réunion au travail ou même dans les discussions avec vos amis.

Vous pouvez décider de votre plein gré, de faire une petite conférence sur un sujet qui vous passionne et d’inviter vos proches en qui vous avez confiance à venir vous écouter.

Vous pouvez vous donner le challenge de faire un discours lors du prochain anniversaire ou mariage auquel vous êtes invité.

Toutes les occasions sont présentes dans la vie quotidienne. C’est en s’exposant à sa peur, en pratiquant beaucoup, qu’on peut espérer dépasser cette épreuve un jour.

Il n’y a pas de secret.