Comment vulgariser son expertise

Comment vulgariser son expertise

Parfois, nous devons prendre la parole pour expliquer à un client un sujet compliqué qui le concerne. Ou encore, nous avons un métier difficile à comprendre et nous devons l’expliquer de manière simple.

Ce n’est pas facile à faire car nous sommes tellement habitués à être plongé dans notre environnement quotidien que nous ne savons plus comment expliquer les choses sans utiliser un vocabulaire que seuls les initiés peuvent comprendre.

Cela peut engendrer des problèmes comme des conflits, des personnes qui ne comprennent pas vraiment ce que vous conseillez ou la valeur de ce que vous proposez.

Imaginez un médecin qui fait un diagnostic sans correctement expliquer à son patient la nature de son problème et comment le traitement va pouvoir le guérir. Dans certains cas, le patient fera confiance à son médecin et exécutera le traitement sans poser de questions. Mais parfois, il ne prendra pas correctement son traitement en pensant que ce n’est pas grave ou encore se mettra à douter des préconisations du médecin.

Le principal avantage d’être pédagogue est double : créer de la confiance avec votre interlocuteur et s’assurer qu’il comprendra et suivra ce que vous dites.

Voici quelques astuces pour vous aider à “vulgariser votre sujet”.

Démontrer visuellement

Utiliser des images et des supports visuels aide beaucoup à se faire comprendre. Une image vaut mille mots. Plutôt que de décrire les choses de manière abstraite et compliquée, essayez de le représenter directement pour que votre interlocuteur puisse le voir dans son esprit.

Traditionnellement, les gens utilisent du papier pour dessiner ou un PowerPoint. Mais si vous êtes dans une situation où vous n’avez pas de support avec vous, vous avez d’autres solutions :

Faire des comparaisons 

L’outil de la comparaison est très puissant si vous réussissez à trouver les bonnes associations d’idées.

Pour cela, plus vous connaissez votre public et plus vous pourrez utiliser des exemples qui lui parlent. Ainsi, le sujet compliqué que vous lui expliquez devient tout d’un coup très familier car il peut le comparer à une situation qu’il connaît.

Par exemple, je compare la prise de parole en public sans préparation à l’expérience de se jeter à l’eau sans savoir nager : on est stressé, on se débat dans tous les sens, notre corps se met à faire n’importe quoi et quand on arrive plus ou moins à se débrouiller pour rester à la surface, on a juste vécu une mauvaise expérience sans forcément savoir comment s’améliorer. Alors que si vous avez pris auparavant des cours de natation, vous pouvez vous jeter à l’eau en étant beaucoup plus serein et dans le contrôle de ce que vous faites. Le but de cette comparaison est de faire comprendre l’importance de se former et de se préparer.

Utilisez des comparaisons pour montrer des ordres de grandeur. Parler en millions d’euros ou en centaines de km² n’évoque rien pour votre public si vous ne le comparez pas avec une autre dimension qu’il connaît bien.

Exemples :

  • “Le management de transition, c’est comme de l’intérim de luxe”
  • “Singapour fait 7 fois la taille de Paris”
  • “Avec ma voiture, j’ai fait l’équivalent de trois fois le tour de la terre”

Parfois, les comparaisons permettent aussi de personnifier les objets pour leur donner vie, par exemple comparer un globule blanc à un pompier qui vient éteindre le feu.

Pour mieux comprendre ce processus, regardez les vidéos de vulgarisation des doctorants qui pitchent leur thèse en 180 secondes :

Parler à des inconnus

Dernier conseil : parlez à des inconnus qui n’y connaissent rien à ce que vous faites.

Entraînez-vous à expliquer votre métier à votre grand-mère ou à votre neveu de 8 ans.

Vous pourrez ainsi tester votre discours et les comparaisons que vous avez choisies pour voir si cela fonctionne.

Vous aurez des feedbacks intéressants qui vous permettront de réaliser ce qui est compréhensible et ce qui ne l’est pas pour mieux communiquer !

Trois conseils pour mieux négocier

Trois conseils pour mieux négocier

Nous sommes tous des négociateurs. Que ce soit pour négocier une augmentation de salaire, l’achat d’un appartement ou encore qui fera les corvées à la maison, nous sommes tous confrontés à des situations de négociation dans la vie quotidienne comme dans la vie professionnelle.

Mais on est tous d’accord pour dire que négocier, ce n’est pas facile. Personne ne veut se faire plumer comme un pigeon et en même temps, le but n’est pas non plus d’écraser l’autre pour obtenir à tout prix ce que l’on veut. L’idéal dans une négociation réussie, c’est d’aboutir à un accord gagnant-gagnant.

Bonne nouvelle : comme prendre la parole en public, négocier est une compétence qui s’apprend ! Voici 3 conseils pour débuter et réussir vos négociations :

Conseil n°1 : négociez sur les intérêts et pas sur les positions

“Je ne cèderai pas. Si tu veux partir en vacances avec moi, ce sera en Grèce !”. Voici un exemple de position. On souhaite défendre à tout prix son idée.

Le problème des négociations sur les positions, c’est que plus on défend sa position et plus on s’y attache. Cela devient une histoire d’égo où chaque partie attend que l’autre lui donne raison ou cède à sa volonté.

Il y a plusieurs problèmes au fait de négocier sur des positions :

  • cela provoque de la rancoeur, du ressentiment et contribue à détériorer des relations
  • cela retarde la conclusion d’un accord, puisque le centre de la discussion est focalisée sur les positions, souvent extrêmes au début pour anticiper de futures concessions, et non pas sur les intérêts qui les sous-tendent

Les intérêts, ce sont les raisons qui expliquent les positions. Et quand on commence à s’intéresser à pourquoi telle personne veut telle chose, on finit par comprendre que la solution à ses problèmes n’est peut-être pas forcément ce qu’elle demande, mais autre chose que vous pouvez lui donner ! Et là, un accord créatif peut être possible.

Conseil n°2 : Elargissez l’éventail de solutions

Plutôt que de négocier entre “soit A, soit B”, et après avoir compris les intérêts réels qui justifient A et B, vous pouvez alors explorer le champ des possibles.

Si la raison pour laquelle votre amie souhaite partir en Grèce, c’est peut-être qu’elle veut aller dans un endroit où il fait chaud et près de la mer. Si on prend en compte ces critères, alors un éventail de destinations alternatives pourraient peut-être la satisfaire !

Si le vendeur de l’appareil photo que vous convoitez ne veut pas vendre le boîtier séparé de l’objectif, c’est peut-être parce qu’il a peur de ne pas réussir à vendre les pièces détachées. Mais si vous connaissez un ami qui serait prêt à acheter juste le boîtier, alors vous avez une opportunité de deal gagnant-gagnant !

En résumé : posez des questions ouvertes, intéressez-vous le plus possible à votre interlocuteur, collectez des informations. C’est par ce moyen que vous pourrez alors repousser les limites du jeu pour élargir la taille du gâteau au lieu d’essayer de le partager.

Conseil n°3 : Utilisez des critères objectifs

Demandez des critères objectifs quand vous négociez. Par exemple, si vous souhaitez acheter un appartement et qu’on vous propose un prix, celui-ci doit être justifié par des critères objectifs comme la localisation, la surface, l’ancienneté du logement, les travaux récents qui ont été faits etc. Si vous avez fait un petit benchmark, cela vous donne beaucoup d’arguments pour négocier le prix.

Si une proposition ne vous convient pas, car elle vous paraît arbitraire, questionnez votre interlocuteur pour lui demander sur quels critères il se base, s’il y a une grille tarifaire, combien les autres prestataires comme vous sont payés, etc.

En résumé : une bonne négociation est une négociation qui se prépare ! Plus vous aurez travaillé votre argumentaire, vos références, plus vous pourrez vous reposer sur des critères objectifs qui dépassionnent aussi la négociation.

A vous de jouer !

Comment se présenter de manière originale ?

Comment se présenter de manière originale ?

Faire la différence, être (re)connu(e) pour ce qu’on est, être capable de parler de soi… sont autant d’envies qui peuvent nous pousser à vouloir nous présenter aux autres ou en entretien de manière différente. Et pourtant… peu d’entre nous osent vraiment le faire et nous finissons toujours par nous présenter de manière banale pour rester conforme et ne pas prendre de risque social.

Quelques astuces pour penser différemment et booster votre présentation personnelle.

Pourquoi travailler sa présentation personnelle ?

Il y a trois intérêts :

  • Travailler son rapport à soi : la façon dont on se présente aux autres est déjà un discours qu’on porte sur soi-même. Si vous vous présentez comme quelqu’un d’inintéressant, vous renforcez une opinion de vous-mêmes qui est que, de toute façon, vous n’avez rien à dire. A l’inverse, travailler sa présentation personnelle, c’est se poser des questions sur son identité : qui suis-je, au fond ? est-ce que je m’identifie plutôt à mon job, à mes origines, à ma relation par rapport à autrui… ? et dans ce contexte particulier, face à cette personne, quel élément de mon identité j’aimerais mettre en valeur ?
  • Travailler son rapport à l’autre : oser se présenter tel qu’on le souhaite devant l’autre est une manière de s’affirmer, de se positionner et de permettre à l’autre de se positionner en retour. Par exemple, se présenter dans son entreprise comme un “Directeur” installe un positionnement hiérarchique. Se présenter à une soirée comme “le meilleur ami de…” installe un degré de proximité. Se présenter comme “féministe” ou “écologiste” installe un positionnement idéologique. Nos relations avec les gens sont influencées par la façon dont on se présente et pourraient parfois changer complètement si on s’était présenté différemment !
  • Déclencher des opportunités : se présenter peut parfois être un exercice stratégique. En entretien d’embauche, l’enjeu est de faire la différence parmi les autres candidats. En soirée networking, l’enjeu est d’intéresser l’autre pour déclencher une conversation. En soirée entre amis, l’enjeu peut parfois être de s’intégrer ou de séduire une personne qui fait partie du groupe. Si vous savez vous mettre en valeur, donner une information pertinente sur vous qui retiendra l’attention, vous ferez partie de ceux à qui on pensera.

Ne risque-t-on pas de perdre sa spontanéité et son authenticité ?

Tout dépend du contexte. Si vous avez un objectif ou un enjeu derrière votre présentation personnelle (par exemple : entretien d’embauche, rendez-vous avec des potentiels partenaires…), il est primordial de la travailler pour vous donner toutes les chances de faire bonne impression.

Attention, il ne s’agit pas de mentir sur vous-mêmes, de vous faire passer pour une autre personne ou d’exagérer les choses… mais tout simplement de donner les informations pertinentes qui vous permettront de créer une relation ou une discussion. On a parfois que 2 minutes pour intéresser une personne. Pensez à toutes les occasions ou les rencontres que vous avez peut-être manquées parce que vous avez juste dit “je m’appelle Henri et j’ai 32 ans”… ce qui n’a probablement pas du tout inspiré la personne en face de vous. Cela ne vous rend pas moins authentique, au contraire, cela vous permet de créer l’occasion de l’être, en faisant comprendre à la personne que ça vaut le coup de vous connaître et de vous écouter.

La présentation personnelle est comme un “signal” que vous envoyez aux gens. De cette manière, vous pourrez attirer à vous les personnes qui s’identifient à vos centres d’intérêts ou à vos problématiques sans avoir à aller vers elles. Plutôt pratique non ? Nous avons tous envie d’attirer les bonnes personnes, celles qui nous correspondent, celles avec qui on se sentira épanoui, alors autant se signaler aux autres plutôt que de rester caché derrière une façade ennuyeuse, protectrice – certes – mais isolante aussi.

Quelques astuces pour pimper votre présentation

 

Astuce 1 : donnez une information insolite et pertinente sur vous

La manière la plus simple d’être original sans prendre trop de risque est de vous présenter de manière conventionnelle mais de rajouter une information insolite et pertinente.

  • insolite : qui change de l’habituel, inattendu, surprenant
  • pertinent : qui est en lien avec le contexte, la raison pour laquelle vous êtes là, ce que vous faites dans vie…

Par exemple, cela ne sert à rien de dire : “Je m’appelle Agathe, je suis formatrice en prise de parole en public et je porte toujours des chaussettes rouges“. On a une information insolite, certes, mais qui n’est pas pertinente.

Par contre, on peut dire : “Je m’appelle Agathe, je suis formatrice en prise de parole en public et ça ne se voit peut-être pas, mais je suis une ancienne timide !

 

Astuce 2 : Remplacez le titre de votre job par une phrase

Lors d’un événement networking ou une soirée, nous n’avons souvent que 30 secondes pour nous présenter en une seule phrase. La plupart des personnes se présentent à travers leur métier. Il y a plusieurs inconvénients :

  1. c’est extrêmement réducteur
  2. le titre d’un job est souvent incompréhensible pour ceux qui ne sont pas dans ce domaine (encore pire aujourd’hui avec tous les anglicismes qu’on utilise)
  3. ce qui en découle est parfois une idée préconçue du métier qui vous range dans une case dans laquelle vous ne souhaitez pas forcément être

Présenter son métier sous la forme d’une phrase consiste à ne pas dire : “Bonjour, je m’appelle Agathe et je suis formatrice en prise de parole en public” mais plutôt à dire “Bonjour, je m’appelle Agathe et j’aide les personnes à être plus à l’aise et convaincants à l’oral.”

Remplacer votre titre par une phrase a plusieurs avantages :

  1. il permet d’être plus compréhensible pour le commun des mortels et de vulgariser votre métier
  2. il permet d’intriguer, de créer de la curiosité qui va déclencher une question, une discussion : “ah bon ? je ne savais pas que ça existait comme métier. Et tu fais comment exactement ?”
  3. il permet de donner du sens à ce que vous faites.

De manière générale, donner du sens à ce qu’on fait est ce qui permet d’être plus intéressant, inspirant ou impactant à l’oral.

Simon Sinek, dans son fameux livre “Start with Why”, explique que la plupart des personnes communiquent à l’envers. Elles disent ce qu’elles font (WHAT), comment elles le font (HOW) mais rarement pourquoi elles le font (WHY). Or le plus important est la réponse à ce fameux “pourquoi ?”. Pourquoi vous vous levez le matin ? Qu’est-ce qui vous motive dans la vie ?

Les grands leaders, ceux qui inspirent et incitent à l’action sont ceux qui communiquent fondamentalement sur le POURQUOI :

 

Astuce 3 : utilisez le storytelling

Si vous avez un peu plus de temps que 30 secondes pour vous présenter, par exemple 2 min, vous pouvez vous présenter en racontant une petite histoire qui explique pourquoi vous êtes là.

Raconter une histoire a deux avantages :

  1. cela permet d’être plus mémorable : il est plus facile pour une personne de se souvenir d’une petite histoire qui comporte sa propre logique que d’une liste d’informations déconnectées entre elles. Evitez de vous présenter sous la forme d’une liste de courses : “Je m’appelle Henri, j’ai 32 ans, deux enfants, je suis directeur d’une agence de voyage, je suis originaire de Bretagne mais j’habite à Nanterre, j’adore jouer de la guitare et j’ai un chien“. Au contraire, plutôt que d’essayer de TOUT dire sur vous-mêmes, choisissez un angle d’attaque, une facette de votre identité, sur laquelle construire une histoire. Par exemple : “Je m’appelle Henri, je viens de Bretagne. J’ai passé toute mon enfance et mon adolescence au bord de la mer à faire de la voile avec mon père. C’est peut-être ce qui m’a donné le goût du grand air, du voyage et de l’aventure. Quand j’ai dû partir à Paris pour faire mes études, le voyage m’a énormément manqué. Pas de mer ou de grands espaces à proximité. C’est pour cette raison qu’aujourd’hui, je me rattrappe en dirigeant une agence de voyages. Comme j’adore voyager, je trouve un certain sens à aider d’autres personnes à s’évader. Je suis passionné par ce que je fais, je reviens souvent en Bretagne et je voyage aussi beaucoup à côté. Dernièrement j’ai été en Australie, en Norvège et là je prépare mon prochain voyage au Brésil.” Dans cet exemple, on comprend que le thème central est celui du voyage et ça suffit pour qu’on se souvienne de vous. Personne n’a besoin de connaître toute votre vie dans les 2 premières minutes d’une rencontre.
  2. cela permet de vous présenter comme une personne en évolution : dans une histoire, vous pouvez parler de votre parcours, de votre passé, de votre présent et de votre futur. Cela permet de vous présenter comme une personne plus complète, qui a une histoire, qui a évolué dans le temps et qui continue d’évoluer. Votre identité n’est pas figée. Vous n’êtes pas réduit à une case ou à une étiquette. Ce qui est souvent intéressant chez une personne, ce qu’on cherche à savoir sur elle, c’est : d’où elle vient, qu’est-ce qui l’anime aujourd’hui et où elle souhaite aller demain. C’est beaucoup plus intéressant et excitant !

Astuce 4 : soyez précis

Quand vous racontez une histoire ou quand vous parlez de vos centres d’intérêt, soyez le plus précis possible. Plus vous êtes vague, abstrait et général, et plus vous êtes banal.

Par exemple, au lieu de dire : “J’adore voyager“, dites plutôt : “J’adore voyager dans des endroits complètements dépaysants comme l’Inde, la Mongolie ou la Colombie. Ce qui m’intéresse dans le voyage, c’est la déconnexion avec le quotidien et la découverte de cultures fondamentalement différentes de la mienne“. 

Au lieu de dire : “J‘adore le cinéma“, dites plutôt : “J’adore les films italiens des années 50“. Au lieu de dire : “J‘aime écouter de la musique“, dites plutôt “J’adore le rock alternatif et mon groupe préféré est Muse“.

Tout le monde adore voyager et aller au cinéma, ce qui est plutôt consensuel… par contre vous vous différencierez vraiment des autres en spécifiant vos goûts et en étant précis à propos d’eux.

Astuce 5 : enfoncez les portes ouvertes

Cette astuce est particulièrement valable si vous savez que vous êtes une personne différente et que ça se voit. Par exemple : vous êtes le seul garçon du groupe, vous avez un accent étranger, vous êtes très petit ou très grand, vous avez un nom de famille improbable…

Au lieu d’essayer de le cacher, ce qui est inutile puisque tout le monde le remarquera, pourquoi ne pas en tirer parti en enfonçant les portes-ouvertes ? Ce que vous percevez comme un désavantage, un défaut qui vous ostracise des autres, peut devenir votre avantage et votre facteur différenciant !

Par exemple : “Comme vous l’entendez, j’ai un petit accent. Je viens des Etats-Unis. J’ai appris le Français pendant mes études là-bas, je suis mariée à un Français et je suis venue aujourd’hui pour suivre mon conjoint. Ma famille avait très peur que je vienne ici parce qu’ils croyaient que c’était la révolution. J’ai dû passer beaucoup de temps à leur expliquer que faire la grève en France était tout à fait normal !

Les autres apprécieront votre capacité à mettre en avant votre vulnérabilité et cela vous permettra aussi d’être instantanément plus à l’aise au sein du groupe.

Variante : à partir de cette astuce, vous pouvez aussi vous présenter sous l’angle d’un de vos défauts, qui peut être physique mais aussi être un trait de personnalité.

Par exemple : “Je suis celui qui est arrivé en retard et c’est un de mes plus gros défauts. D’ailleurs je tenais à m’excuser. Depuis que je suis tout petit, j’arrive en retard… Pour tout vous dire, ça a commencé à la naissance. Je suis né au bout de 10 mois si bien que tout le personnel médical se demandait si j’allais être normal. A l’école, j’étais toujours le dernier. En sport, pareil. Mais je me rassure en me disant que si ça continue, c’est aussi moi qui mourrai le dernier !

Comme vous le voyez, on frise la caricature et il faut être particulièrement à l’aise avec soi-même pour oser faire une présentation humoristique. Il faut aussi bien maîtriser les ressorts de l’humour pour faire rire les autres. Mais c’est typiquement un des stratagèmes qu’utilisent ceux qui font des one-man shows pour parler d’eux et attirer l’empathie du public. Après ce genre de présentation : vous serez à coup sûr inoubliable !

 

 

Gérer son stress pour parler en public

Gérer son stress pour parler en public

Dans ce TED Talk, Kelly McGonigal nous explique que le stress n’est pas forcément quelque chose de mauvais : au contraire, on peut le transformer en véritable ami.

Le stress n’est pas forcément quelque chose de négatif

Personne n’aime le stress. On a le coeur qui bat, des bouffées de chaleur, les mains moites et tremblotantes… Ces signaux corporels sont pourtant le signe que votre corps se prépare à l’épreuve ! Et oui, il met en place toutes les conditions pour vous aider à fuir ou combattre dans une situation de danger : un mécanisme que notre corps a mis en place pour survivre. Certains sportifs affirment même que sans stress, ils ne seraient pas capable de donner le meilleur d’eux-mêmes et d’atteindre la performance.

Si vous ressentez les symptômes du stress, commencez d’abord par vous en féliciter. Vous êtes en pleine préparation pour faire une performance et heureusement que le stress est là ! L’enjeu n’est donc pas de faire disparaître le stress. Il sera toujours là, quoi que vous fassiez. C’est automatique. Même les plus grands comédiens, après des années de pratique, ressentent toujours le trac avant d’entrer en scène.

L’objectif est plutôt d’apprendre à gérer le stress pour que son pouvoir ne soit pas paralysant mais plutôt à notre service !

Comment gérer le stress ?

Il y a plein de manières de réguler son niveau de stress. Le stress est à la fois un phénomène physique (on ressent ses symptômes dans notre corps) et un phénomène psychologique (on imagine des scénarios catastrophes ce qui amène notre cerveau à se mettre en mode “survie”).

On peut agir sur l’aspect physique par plusieurs exercices de respiration et de cohérence cardiaque qui vont nous aider à faire baisser les battements de notre coeur et à stabiliser notre respiration. On peut aussi aider notre corps à se détendre musculairement par des massages du visage ou même par un peu de sport !

On peut agir sur l’aspect psychologique également par des outils comme la visualisation (qui va nous aider à imaginer des scénarios positifs plutôt que négatifs), les affirmations, la rationalisation…

Chacun a ses techniques, le plus important est de trouver celle qui peut fonctionner pour vous ! Mais s’il y’en a une qui fonctionne à tous les coups, c’est celle de travailler sur son rapport à l’échec.

Le rapport à l’échec : une question d’enjeu

Beaucoup de personnes n’ont aucun stress pour parler en public devant des gens qu’elles connaissent mais sont tout de suite beaucoup plus paniquées lorsqu’il y a un enjeu particulier : pitcher devant des investisseurs, faire une soutenance de thèse devant un jury, prendre la parole lors d’une réunion importante…

C’est finalement l’enjeu qu’on y met qui va créer la pression source du stress dans de nombreux cas… et la peur de l’échec associée. On a peur du regard des autres, on a peur d’essayer par crainte de dire des bêtises, de ne pas être assez intéressant, d’être jugé, de ne pas être à la hauteur, de ne pas se souvenir de tout etc.

Lors du prochain cours, nous allons justement pratiquer des exercices issus du théâtre d’improvisation qui vont vous aider à être plus à l’aise avec l’idée de l’échec et du jugement d’autrui. Lorsqu’on dédramatise la prise de parole, on se sent libre d’essayer plus de choses, de s’exprimer comme les idées nous viennent et surtout : on finit par être vacciné à l’échec !

Et vous, avez-vous d’autres interprétations sur le stress ? Et déjà des techniques que vous utilisez ?

Improviser une prise de parole

Improviser une prise de parole

Certains sont à l’aise lorsqu’ils ont préparé leur prise de parole parce qu’ils connaissent parfaitement leur sujet et savent ce qu’ils ont à dire… mais sont rapidement déstabilisés dans un contexte d’interaction, de questions-réponses ou lorsqu’on leur demande de s’exprimer à l’improviste.

Vous en faites partie ? Ne vous inquiétez pas, l’art de la répartie et de l’improvisation, ça se pratique !

Pardoxalement, l’improvisation, ça se travaille…

Et oui, on aurait tendance à penser que la capacité à improviser est une capacité naturelle, comme les chats qui retombent toujours sur leurs pattes, or il n’en est rien. Pour devenir un bon humoriste ou un bon improvisateur, il faut s’entraîner.

Prenez l’exemple d’un pianiste qui improvise un morceau de jazz. Pensez-vous que cet homme n’a jamais touché un piano de sa vie et s’est dit “tiens, je vais taper sur les touches et voir ce que cela donne ?”. Bien sûr que non. C’est au contraire un musicien chevronné, qui connaît parfaitement son instrument, travaille dur et, surtout, connaît parfaitement ses gammes, qui lui permettent de composer des mélodies harmonieuses sur le moment !

Connaître ses gammes, ça signifie avoir répété des blocs ou des schémas qui fonctionnent. En prise de parole, cela veut dire que vous avez travaillé des textes ou des interventions sur un sujet, que vous connaissez peut-être des histoires ou des citations sur le bout des doigts. Et c’est parce que vous connaissez bien ces blocs que vous êtes capable, sur le moment, de les ré-assembler pour construire une prise de parole nouvelle.

En somme, on improvise jamais à partir de quelque chose qu’on ne connaît pas… Improviser, ce n’est pas claquer des doigts comme un coup de baguette magique, c’est “sortir spontanément quelque chose qui est déjà en soi“.

Mais comment improviser sur un sujet qu’on connaît peu ou très peu ?

La recette consiste à relier ce sujet à n’importe quelle chose que vous pouvez justement connaître ou dont vous pouvez parler.

Cela nécessite cependant d’être dans une bonne disposition physique qui vous permet d’être réceptif et agile : être extrêmement détendu musculairement (et pas crispé ou stressé), être à l’écoute, en pleine conscience, l’esprit observateur et vif.

Si vous êtes trop dans votre tête, il y a de fortes chances pour que votre cerveau fasse un blocage, que vous analysiez trop la situation et soyez incapable de répondre sur le moment.

Cela nécessite aussi de travailler sa créativité et son lâcher-prise pour faire de bonnes associations d’idées qui vont constituer un fil rouge pour parler sur presque n’importe quoi… et de mettre de côté le facteur émotionnel pour prendre du recul par rapport à la situation et la transformer en jeu !

De nombreux exercices issus du théâtre d’improvisation et pratiqués en cours vont vous permettre de développer ce muscle qui est en vous !

Comment structurer sa prise de parole ?

Comment structurer sa prise de parole ?

Pour structurer sa prise de parole, il faut déjà savoir où on va… C’est-à-dire avoir une idée claire de son message. La structure n’est que le chemin pour y arriver.

Pour cela, nous vous conseillons de préparer au préalable, dans le laps de temps que vous pouvez, un PTTOME qui va vous permettre de savoir ce que vous voulez dire et où vous allez. Une fois que votre PPTOME est bien clair et que vous avez votre intention en tête, il va falloir trouver une structure adéquate pour faire passer votre message.

Les structures narratives

Les structures narratives sont des modèles qui vous permettent de structurer une prise de parole en enchaînant vos idées dans un ordre logique en fonction de votre objectif.

La structure de la conviction

En 5 étapes :

  1. Description de la situation : Beaucoup de personnes, notamment les jeunes, s’intéressent à la politique mais ne vont pas voter…
  2. Emergence du problème : Le problème est que ces personnes ne croient plus au vote comme mode d’expression politique, l’appel à voter ne leur parle pas assez ou elles ne savent tout simplement pas pour qui voter…
  3. Solution proposée : C’est pourquoi nous avons pris l’initiative de proposer un mode d’expression politique innovant : une pièce de théâtre immersive sur un sujet de société qui fait polémique dans laquelle les spectateurs sont pris à parti…
  4. Bénéfices de cette solution : … Le but est de permettre au public de se divertir, de se sensibiliser sur un sujet de débat ou de susciter ses réactions. Les spectateurs sont amenés à voir un sujet sous différents angles grâce aux personnages et à la représentation scénarisée. Ils restent souvent discuter à l’issue de la pièce et partagent leurs réflexions.
  5. Appel à l’action : Si vous souhaitez assister à notre pièce, nous nous produisons au théâtre Rive droite le 15 janvier à 19h. N’hésitez pas à venir nous voir !

Vous pouvez aussi resserrer cette structure en 3 étapes :

  1. Problème
  2. Solution
  3. Bénéfices

L’objectif : convaincre, pousser à l’action.

Exemples d’application : donner son opinion, pitcher un projet, vendre un produit, mobiliser des personnes…

Le storytelling

En 5 étapes :

  1. Situation initiale : le héros vit dans son quotidien habituel.
  2. Elément perturbateur : une rencontre ou un événement déclencheur perturbe son quotidien et l’appelle à l’aventure.
  3. Péripéties : après hésitation, le héros s’engage et vit différentes aventures et épreuves.
  4. Dénouement : souvent sous la forme d’un combat ou d’une épreuve finale, le héros se trouve à un moment de vérité.
  5. Situation finale : après avoir dépassé l’épreuve finale, le héros revient à sa situation initiale mais il a appris une leçon ou a été transformé.

L’objectif : divertir ou inspirer le public en racontant une histoire, une expérience vécue.

Exemples d’application : décrire une expérience pendant un entretien d’embauche, faire un discours inspirant devant un large public (ex: conférence TED), convaincre par l’exemple en racontant une anecdote…

Pour en savoir plus sur la structure du storytelling qui a été énormément reprise dans les films hollywoodiens :

La structure “média-training”

En 4 étapes :

  1. Reformuler la question
  2. Donner son point de vue
  3. Illustrer par un exemple
  4. Conclure en réaffirmant son point de vue

L’objectif : convaincre, informer.

Exemples d’application : répondre à une interview, donner son opinion de manière improvisée…

La structure de l’entonnoir

La structure de l’entonnoir consiste à aller du plus général au plus particulier (ex: décrire une situation de manière générale puis pointer un exemple ou un détail précis).

Variante : la structure du sablier.
Il s’agit d’aller du général au particulier puis d’ouvrir sur une conclusion plus générale.

Exemple : J’ai travaillé pendant 10 ans dans le cabinet de conseil X, spécialisé en conduite du changement et transformation numérique. (général) J’avais un poste de Manager et j’ai été amené à gérer une équipe de 5 personnes. (plus précis) J’ai plus précisément travaillé sur un projet de refonte du système RH d’une entreprise par l’implémentation d’un nouveau logiciel. (focus encore plus précis) Au cours de ce projet, j’ai été confrontée à un problème managérial : par exemple un matin, un collègue est arrivé soûl au travail… (exemple concret)

L’objectif : informer, démontrer, convaincre…

Exemples d’application : raconter une expérience professionnelle à un entretien d’embauche, donner son opinion sur un sujet…

La structure chronologique

En 3 étapes :

  1. Avant : Avant la loi disait…
  2. Aujourd’hui / Après : Aujourd’hui, suite à la réforme, la loi prévoit…
  3. Conséquences : Ce qui va changer pour vous, c’est que vous devrez désormais…

L’objectif : informer, pousser à l’action…

Exemples d’application : présenter un sujet en réunion, parler d’une évolution…

Et vous, connaissez-vous d’autres structures “qui marchent” ?

Téléchargez le guide !

Conseils et techniques pour gérer votre stress en prise de parole en public.

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