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Comment peut-on apprendre à parler en public ?

Comment peut-on apprendre à parler en public ?

Apprendre à parler en public : quand la rhétorique était enseignée à l’école

Saviez-vous qu’apprendre à parler en public était possible à l’école, en France, jusqu’en 1902 ?

C’était ce qu’on appelait les classes de rhétorique. 

Dans ces classes, les élèves de lycée apprenaient des techniques et pratiquaient des exercices pour produire leurs propres discours. Elles ont été supprimées dans l’enseignement au début du XXe siècle.

Cela fait donc presque 120 ans que nous n’apprenons plus l’art de bien parler.

C’est pourquoi nous sommes tous une majorité à penser que ceux qui s’expriment avec éloquence serait doués d’un talent inné.

Or parler en public est une compétence qui s’apprend.

Théâtre antique

La rhétorique, ou l’art de bien dire pour persuader et convaincre, est une discipline qui a été théorisée en Grèce antique. A l’époque de la démocratie athénienne, elle faisait partie des 7 arts à maîtriser dans un parcours scolaire.

La rhétorique était enseignée à l’école jusqu’en 1902. L’Etat français a supprimé cette matière pour des raisons idéologiques et politiques. L’art oratoire était perçu comme aristocratique, trop élitiste et formaté. 

Ce phénomène ne s’est pas observé dans d’autres pays comme les Etats-Unis ou l’Angleterre où la culture de l’oral a été préservée. Ce qui explique pourquoi les Anglo-saxons sont souvent plus à l’aise en prise de parole en public que les Français !

Aujourd’hui l’Education Nationale se ré-intéresse à l’importance d’apprendre à parler en public avec la réforme du lycée et la mise en place d’un Grand Oral au Bac.

On comprend facilement pourquoi : la capacité à s’exprimer et exposer ses idées à l’oral est une compétence essentielle aujourd’hui pour la vie professionnelle, citoyenne et sociale. 

Ci-dessous, vous pouvez retrouver une vidéo dans laquelle j’interviens pour parler de ce sujet avec Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education Nationale.

Prendre la parole : à la fois un art et un sport

Apprendre à parler en public ne se résume pourtant pas à l’analyse et à l’écriture de discours. L’art oratoire se pratique aussi comme un art et un sport. En ce sens, il est cousin du chant, du théâtre et de la danse.

Comme tout art, il comprend de la technique et de la pratique. Apprendre à parler en public, c’est comme apprendre à chanter. Vous pensez peut-être qu’il y a des gens qui sont doués pour bien chanter mais c’est surtout une aptitude qui se travaille !

“Le talent c’est 1% d’inné et 99% de travail”.

…comme le disait Gata Kamsky, célèbre joueur d’échecs.

Comme tout sport, l’art oratoire est une discipline du corps. Le corps est l’outil principal de l’orateur ou de l’oratrice. Par le regard, la posture et la voix, il ou elle incarne son propos. 

Le corps est un moyen d’expression. Deux personnes peuvent avoir exactement le même texte, c’est la manière dont chacune le dira avec son corps, son intonation et ses gestes, qui produira une réelle différence.

L’art oratoire ne doit pas donc pas se penser comme une discipline purement cérébrale ou scolaire dans laquelle il suffirait d’écrire son discours, l’apprendre et le réciter. 

L’art oratoire est un sport qui se pratique comme tel. Il faut s’entraîner à l’oral, répéter à l’oral, saisir les occasions de pratiquer en se portant volontaire pour faire des présentations ou des discours par exemple.

Homme sur scène

Et concrètement, comment apprendre à parler en public ?

La meilleure manière d’apprendre à parler en public est de pratiquer. En prenant la parole régulièrement devant les autres, vous accumulerez de l’expérience qui vous permettra de gagner progressivement en confiance et en aisance. Votre corps mémorisera aussi l’attitude à adopter quand vous prenez la parole en public, l’intonation, les gestes et le regard.

Mais il ne suffit pas uniquement de pratiquer car comme en sport, si vous avez la mauvaise technique et que personne ne vous le dit, vous risquez d’ancrer de mauvaises habitudes à votre détriment.

Qui ne connaît pas des personnes autour de soi qui ont l’habitude de parler en public et qui adorent parler mais ne parlent pas bien ? Leurs propos sont trop longs, répétitifs et déstructurés.

“Il est plus facile d’apprendre que de désapprendre.” (proverbe anglais)

C’est pourquoi il est important que vous puissiez avoir des retours et des critiques constructives sur vos prestations orales. Et c’est là que les choses se compliquent… car bien souvent, votre public n’osera pas vous faire de retour sur ce sujet. Et vos amis et votre famille sont biaisés parce qu’ils sont proches de vous ou ne sont pas experts de la question.

Prendre des cours est le meilleur moyen d’apprendre à parler en public et de progresser rapidement car :

  • vous n’avez pas besoin de chercher des occasions de pratiquer : les cours vous permettent de le faire devant les autres à un rythme régulier !
  • vous pouvez avoir des retours sur vos prestations : à la fois de la part des autres qui vous partageront leurs impressions mais aussi de la part du professeur qui pourra vous faire un retour technique et vous donnera la solution pour vous améliorer.

Voici ci-dessous un aperçu de ce à quoi un stage de prise de parole en public ressemble.

L’art oratoire : une discipline qui se démocratise

Si dans le passé, seuls les dirigeants, managers et hommes politiques avaient le luxe de se faire coacher pour atteindre leurs objectifs, aujourd’hui, cela se démocratise de plus en plus. 

On peut se faire coacher pour apprendre à parler en public, pour progresser dans sa carrière et pour développer sa confiance en soi de manière générale.

C’est d’ailleurs ce que je trouve le plus formidable dans le fait de prendre la parole en public. Ce n’est pas une compétence qu’on devrait acquérir, juste de manière utilitaire. C’est une compétence qui permet aussi de se développer personnellement et professionnellement en tant qu’individu.

Alors oui, s’exprimer avec aisance à l’oral, développer sa capacité à convaincre et à défendre ses idées, cela s’apprend… et il n’est jamais trop tard pour commencer !

 

Pour résumer : 

  1. La difficulté à prendre la parole en public peut s’expliquer par la culture de notre pays
  2. Prendre la parole en public est une compétence qui s’apprend comme lire, écrire ou n’importe quelle autre compétence qu’on pourrait enseigner à l’école !
  3. Comme tout art et sport, c’est l’alliage de la technique et de la pratique qui fera de vous un bon orateur ou une bonne oratrice
  4. Votre attitude à l’oral est plus importante que le contenu de ce que vous dites et nous négligeons trop souvent l’importance du corps dans la prise de parole
  5. La manière la plus rapide d’apprendre à parler en public est de trouver des cours où vous pourrez à la fois pratiquer et avoir un retour constructif sur vos interventions

Si vous voulez en savoir plus sur les cours de prise de parole en public proposés par Ad Maiora, vous pouvez essayer un premier cours gratuitement, consulter ma pédagogie et me contacter directement.

Comment se mettre en valeur professionnellement

Comment se mettre en valeur professionnellement

L’art de se mettre en valeur professionnellement

Se mettre en valeur professionnellement est un art qui s’apprend. Et lorsqu’on a pas forcément les codes pour le faire, on peut se sentir lésé ou freiné dans son évolution professionnelle. Cet article vous partage quelques conseils pour que, vous aussi, vous puissiez mettre toutes les chances de votre côté.

J’aimerais vous raconter l’histoire de Clara à titre d’exemple.

L’histoire de Clara

Clara était tradeuse en 2013. Elle travaillait en binôme avec Jules, un autre trader junior. Un jour, Jules et elle ont été chargés d’exécuter une très grosse opération. Dans ce genre de situation, le travail demandé est très intense. Ce sont des coups de fil toute la journée avec des dizaines d’interlocuteurs, beaucoup de concentration et aucune pause. Mais grâce à leur travail d’équipe, l’opération fut un succès !

Le soir, lorsque leur chef revient, il demande : “Alors comment ça s’est passé ?”. Spontanément, son collègue Jules se lève et commence un débrief enthousiaste auprès de son chef. Il décrit avec précision tout le travail qu’ils ont accompli. Pendant ce temps, Clara, occupée au téléphone, reste assise. Elle les regarde discuter en souriant, elle-même très fière de leur travail. 

Mais ce qui se passe l’étonne tout d’un coup. Son chef, ravi de cette nouvelle, finit par féliciter vivement Jules comme s’il était responsable de ce succès : “Bravo Jules, tu as vraiment assuré aujourd’hui. Continue comme ça, c’est bien !”. Il l’oublie complètement alors que tous les deux avaient travaillé ensemble à égalité sur le projet.

A la fin de la journée, Jules avait réussi à se mettre en valeur professionnellement alors que Clara en avait raté l’occasion.

Quelles sont les trois leçons intéressantes à tirer de cette histoire ?

1) Il ne suffit pas de savoir-faire, il faut aussi faire-savoir.

Réunion en entreprise

Dans cette situation, Jules est celui qui s’est porté volontaire pour faire le compte-rendu auprès de son supérieur hiérarchique. Il a ainsi pu se mettre en valeur professionnellement.

Clara aurait mieux fait de mettre en pause son appel pour être également présente devant son chef et prendre l’initiative du débrief.

Son silence l’a rendue invisible.

Dans le monde du travail, il ne suffit pas de bien faire son travail. Souvent les gens n’ont pas le temps de regarder de près ce que vous faites. Ils ne s’en rendront compte que si vous le valorisez à l’oral.

Et c’est ainsi que les personnes qui s’expriment en réunion et sont volontaires pour prendre la parole en public finissent par progresser plus rapidement que les autres dans leur carrière.

Celui qui prend la parole se rend visible.

Mais bien souvent, nous n’osons pas être cette personne car c’est difficile. Cela nous demande des efforts, il faut se préparer, affronter le regard des autres et on préfère souvent que ce soit quelqu’un d’autre qui le fasse.

Pourtant, gardez en tête que celui qui se porte volontaire pour prendre la parole est celui qui représente le travail réalisé. 

Prendre la parole en public n’est pas une corvée, c’est une opportunité. 

L’opportunité de vous lever pour défendre vos idées, votre travail et partager vos fiertés. 

Ne laissez jamais quelqu’un d’autre s’approprier ce que vous faites.

2) Bien s’exprimer à l’oral est une compétence multiplicatrice.

Image de plantes qui poussent

Pour se mettre en valeur professionnellement, il ne suffit pas d’oser prendre la parole. Il faut aussi savoir bien le faire. Si notre Jules s’était exprimé de manière confuse devant son chef, en bredouillant des propos incompréhensibles, est-ce que celui-ci l’aurait vraiment félicité ?

Bien parler en public et s’exprimer à l’oral est quelque chose qui s’apprend. C’est pour cela que je parle de compétence et non pas de don ou de talent. Et parmi toutes les compétences, elle remporte une double mise car il s’agit d’une compétence multiplicatrice.

Qu’est-ce qu’une compétence multiplicatrice ? (traduit de l’anglais : multiplier skill)

C’est une compétence qui multiplie la valeur de vos compétences existantes. Savoir prendre la parole en public n’est pas seulement une compétence qui s’additionne à ce que vous savez déjà faire. C’est une compétence qui va multiplier la valeur perçue de toutes vos autres compétences.

Un exemple très simple pour le comprendre : deux candidats à un job qui ont un CV et des compétences égales. L’un bafouille en entretien, l’autre met en valeur ses qualités avec confiance et aisance. Lequel aura le plus de valeur perçue ? 

Vous connaissez la réponse.

Parmi les autres compétences multiplicatrices, on trouve aussi l’art de bien écrire ou l’art de bien s’habiller. Entre un mail rempli de fautes et un autre écrit dans une grammaire correcte, entre une tenue négligée et un style vestimentaire élégant, la valeur perçue de votre professionnalisme en sera impactée. 

Apprendre à parler en public est donc un investissement. 

Vous acquérez une nouvelle compétence qui elle-même portera ses fruits et accordera un bonus de valeur perçue à toutes vos compétences actuelles et à venir.

3) Pour se mettre en valeur professionnellement : “L’habit ne fait pas le moine mais il ouvre les portes du monastère”.

Porte fermée

Je comprends ceux qui déplorent que nous accordions tant d’importance à la forme et aux apparences. Et aussi ceux qui ne supportent pas les “m’as-tu-vu” et autres narcissiques en entreprise qui ramènent toujours la couverture à eux. L’objectif n’est pas de tomber dans ces caricatures superficielles.

Victor Hugo disait :

“La forme, c’est le fond qui remonte à la surface.” 

On est d’accord : bien parler en public ne doit pas combler un manque de compétences – qui finit tôt ou tard par se découvrir – mais valoriser vos talents réels et vos idées existantes, de manière positive.

Si vous rechignez à accorder de l’importance à ces petites choses, sachez que si l’habit ne fait pas le moine, il ouvre au moins les portes du monastère. Il ne faut pas que le ressentiment ou la méfiance envers les beaux-parleurs vous empêche de vous valoriser ou de décrocher les opportunités que vous méritez. En réalité, il ne s’agit pas d’eux mais plutôt de vous.

Un jour, une DRH nouvellement promue m’a expliqué que ses supérieurs avaient hésité à lui donner le poste car ils craignaient qu’elle n’ait pas les épaules pour mener des réunions avec les équipes et prendre la parole en public.

Un consultant que j’accompagne m’a également avoué avoir refusé à contre-coeur un bon candidat dans leur entreprise car il n’avait pas les codes à l’oral et ne présentait pas assez bien devant le client.

Toutes ces situations sont extrêmement dommageables, à la fois pour vous mais aussi pour la société qui perd un talent.

En résumé

Bien s’exprimer à l’oral est nécessaire pour se mettre en valeur professionnellement et vous ouvrir les portes que vous souhaitez. 

Elle vous apporte la visibilité, la légitimité et l’opportunité. 

Mais plus que ça, j’ai constaté qu’apprendre cette compétence apportait aussi aux individus plus de confiance en soi, d’assurance et d’estime d’eux-mêmes. Et rien que pour ça, ça vaut le coup de s’y mettre !

A suivre : Comment peut-on apprendre à parler en public ?

*L’histoire de Clara est une histoire vraie racontée dans le podcast “Les règles du Jeu” de Clara Moley.

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Gérer son stress pour parler en public

Gérer son stress pour parler en public

Dans ce TED Talk, Kelly McGonigal nous explique que le stress n’est pas forcément quelque chose de mauvais : au contraire, on peut le transformer en véritable ami.

Le stress n’est pas forcément quelque chose de négatif

Personne n’aime le stress. On a le coeur qui bat, des bouffées de chaleur, les mains moites et tremblotantes… Ces signaux corporels sont pourtant le signe que votre corps se prépare à l’épreuve ! Et oui, il met en place toutes les conditions pour vous aider à fuir ou combattre dans une situation de danger : un mécanisme que notre corps a mis en place pour survivre. Certains sportifs affirment même que sans stress, ils ne seraient pas capable de donner le meilleur d’eux-mêmes et d’atteindre la performance.

Si vous ressentez les symptômes du stress, commencez d’abord par vous en féliciter. Vous êtes en pleine préparation pour faire une performance et heureusement que le stress est là ! L’enjeu n’est donc pas de faire disparaître le stress. Il sera toujours là, quoi que vous fassiez. C’est automatique. Même les plus grands comédiens, après des années de pratique, ressentent toujours le trac avant d’entrer en scène.

L’objectif est plutôt d’apprendre à gérer le stress pour que son pouvoir ne soit pas paralysant mais plutôt à notre service !

Comment gérer le stress ?

Il y a plein de manières de réguler son niveau de stress. Le stress est à la fois un phénomène physique (on ressent ses symptômes dans notre corps) et un phénomène psychologique (on imagine des scénarios catastrophes ce qui amène notre cerveau à se mettre en mode “survie”).

On peut agir sur l’aspect physique par plusieurs exercices de respiration et de cohérence cardiaque qui vont nous aider à faire baisser les battements de notre coeur et à stabiliser notre respiration. On peut aussi aider notre corps à se détendre musculairement par des massages du visage ou même par un peu de sport !

On peut agir sur l’aspect psychologique également par des outils comme la visualisation (qui va nous aider à imaginer des scénarios positifs plutôt que négatifs), les affirmations, la rationalisation…

Chacun a ses techniques, le plus important est de trouver celle qui peut fonctionner pour vous ! Mais s’il y’en a une qui fonctionne à tous les coups, c’est celle de travailler sur son rapport à l’échec.

Le rapport à l’échec : une question d’enjeu

Beaucoup de personnes n’ont aucun stress pour parler en public devant des gens qu’elles connaissent mais sont tout de suite beaucoup plus paniquées lorsqu’il y a un enjeu particulier : pitcher devant des investisseurs, faire une soutenance de thèse devant un jury, prendre la parole lors d’une réunion importante…

C’est finalement l’enjeu qu’on y met qui va créer la pression source du stress dans de nombreux cas… et la peur de l’échec associée. On a peur du regard des autres, on a peur d’essayer par crainte de dire des bêtises, de ne pas être assez intéressant, d’être jugé, de ne pas être à la hauteur, de ne pas se souvenir de tout etc.

Lors du prochain cours, nous allons justement pratiquer des exercices issus du théâtre d’improvisation qui vont vous aider à être plus à l’aise avec l’idée de l’échec et du jugement d’autrui. Lorsqu’on dédramatise la prise de parole, on se sent libre d’essayer plus de choses, de s’exprimer comme les idées nous viennent et surtout : on finit par être vacciné à l’échec !

Et vous, avez-vous d’autres interprétations sur le stress ? Et déjà des techniques que vous utilisez ?

Improviser une prise de parole

Improviser une prise de parole

Certains sont à l’aise lorsqu’ils ont préparé leur prise de parole parce qu’ils connaissent parfaitement leur sujet et savent ce qu’ils ont à dire… mais sont rapidement déstabilisés dans un contexte d’interaction, de questions-réponses ou lorsqu’on leur demande de s’exprimer à l’improviste.

Vous en faites partie ? Ne vous inquiétez pas, l’art de la répartie et de l’improvisation, ça se pratique !

Pardoxalement, l’improvisation, ça se travaille…

Et oui, on aurait tendance à penser que la capacité à improviser est une capacité naturelle, comme les chats qui retombent toujours sur leurs pattes, or il n’en est rien. Pour devenir un bon humoriste ou un bon improvisateur, il faut s’entraîner.

Prenez l’exemple d’un pianiste qui improvise un morceau de jazz. Pensez-vous que cet homme n’a jamais touché un piano de sa vie et s’est dit “tiens, je vais taper sur les touches et voir ce que cela donne ?”. Bien sûr que non. C’est au contraire un musicien chevronné, qui connaît parfaitement son instrument, travaille dur et, surtout, connaît parfaitement ses gammes, qui lui permettent de composer des mélodies harmonieuses sur le moment !

Connaître ses gammes, ça signifie avoir répété des blocs ou des schémas qui fonctionnent. En prise de parole, cela veut dire que vous avez travaillé des textes ou des interventions sur un sujet, que vous connaissez peut-être des histoires ou des citations sur le bout des doigts. Et c’est parce que vous connaissez bien ces blocs que vous êtes capable, sur le moment, de les ré-assembler pour construire une prise de parole nouvelle.

En somme, on improvise jamais à partir de quelque chose qu’on ne connaît pas… Improviser, ce n’est pas claquer des doigts comme un coup de baguette magique, c’est “sortir spontanément quelque chose qui est déjà en soi“.

Mais comment improviser sur un sujet qu’on connaît peu ou très peu ?

La recette consiste à relier ce sujet à n’importe quelle chose que vous pouvez justement connaître ou dont vous pouvez parler.

Cela nécessite cependant d’être dans une bonne disposition physique qui vous permet d’être réceptif et agile : être extrêmement détendu musculairement (et pas crispé ou stressé), être à l’écoute, en pleine conscience, l’esprit observateur et vif.

Si vous êtes trop dans votre tête, il y a de fortes chances pour que votre cerveau fasse un blocage, que vous analysiez trop la situation et soyez incapable de répondre sur le moment.

Cela nécessite aussi de travailler sa créativité et son lâcher-prise pour faire de bonnes associations d’idées qui vont constituer un fil rouge pour parler sur presque n’importe quoi… et de mettre de côté le facteur émotionnel pour prendre du recul par rapport à la situation et la transformer en jeu !

De nombreux exercices issus du théâtre d’improvisation et pratiqués en cours vont vous permettre de développer ce muscle qui est en vous !

Comment structurer sa prise de parole ?

Comment structurer sa prise de parole ?

Pour structurer sa prise de parole, il faut déjà savoir où on va… C’est-à-dire avoir une idée claire de son message. La structure n’est que le chemin pour y arriver.

Pour cela, nous vous conseillons de préparer au préalable, dans le laps de temps que vous pouvez, un PTTOME qui va vous permettre de savoir ce que vous voulez dire et où vous allez. Une fois que votre PPTOME est bien clair et que vous avez votre intention en tête, il va falloir trouver une structure adéquate pour faire passer votre message.

Les structures narratives

Les structures narratives sont des modèles qui vous permettent de structurer une prise de parole en enchaînant vos idées dans un ordre logique en fonction de votre objectif.

La structure de la conviction

En 5 étapes :

  1. Description de la situation : Beaucoup de personnes, notamment les jeunes, s’intéressent à la politique mais ne vont pas voter…
  2. Emergence du problème : Le problème est que ces personnes ne croient plus au vote comme mode d’expression politique, l’appel à voter ne leur parle pas assez ou elles ne savent tout simplement pas pour qui voter…
  3. Solution proposée : C’est pourquoi nous avons pris l’initiative de proposer un mode d’expression politique innovant : une pièce de théâtre immersive sur un sujet de société qui fait polémique dans laquelle les spectateurs sont pris à parti…
  4. Bénéfices de cette solution : … Le but est de permettre au public de se divertir, de se sensibiliser sur un sujet de débat ou de susciter ses réactions. Les spectateurs sont amenés à voir un sujet sous différents angles grâce aux personnages et à la représentation scénarisée. Ils restent souvent discuter à l’issue de la pièce et partagent leurs réflexions.
  5. Appel à l’action : Si vous souhaitez assister à notre pièce, nous nous produisons au théâtre Rive droite le 15 janvier à 19h. N’hésitez pas à venir nous voir !

Vous pouvez aussi resserrer cette structure en 3 étapes :

  1. Problème
  2. Solution
  3. Bénéfices

L’objectif : convaincre, pousser à l’action.

Exemples d’application : donner son opinion, pitcher un projet, vendre un produit, mobiliser des personnes…

Le storytelling

En 5 étapes :

  1. Situation initiale : le héros vit dans son quotidien habituel.
  2. Elément perturbateur : une rencontre ou un événement déclencheur perturbe son quotidien et l’appelle à l’aventure.
  3. Péripéties : après hésitation, le héros s’engage et vit différentes aventures et épreuves.
  4. Dénouement : souvent sous la forme d’un combat ou d’une épreuve finale, le héros se trouve à un moment de vérité.
  5. Situation finale : après avoir dépassé l’épreuve finale, le héros revient à sa situation initiale mais il a appris une leçon ou a été transformé.

L’objectif : divertir ou inspirer le public en racontant une histoire, une expérience vécue.

Exemples d’application : décrire une expérience pendant un entretien d’embauche, faire un discours inspirant devant un large public (ex: conférence TED), convaincre par l’exemple en racontant une anecdote…

Pour en savoir plus sur la structure du storytelling qui a été énormément reprise dans les films hollywoodiens :

La structure “média-training”

En 4 étapes :

  1. Reformuler la question
  2. Donner son point de vue
  3. Illustrer par un exemple
  4. Conclure en réaffirmant son point de vue

L’objectif : convaincre, informer.

Exemples d’application : répondre à une interview, donner son opinion de manière improvisée…

La structure de l’entonnoir

La structure de l’entonnoir consiste à aller du plus général au plus particulier (ex: décrire une situation de manière générale puis pointer un exemple ou un détail précis).

Variante : la structure du sablier.
Il s’agit d’aller du général au particulier puis d’ouvrir sur une conclusion plus générale.

Exemple : J’ai travaillé pendant 10 ans dans le cabinet de conseil X, spécialisé en conduite du changement et transformation numérique. (général) J’avais un poste de Manager et j’ai été amené à gérer une équipe de 5 personnes. (plus précis) J’ai plus précisément travaillé sur un projet de refonte du système RH d’une entreprise par l’implémentation d’un nouveau logiciel. (focus encore plus précis) Au cours de ce projet, j’ai été confrontée à un problème managérial : par exemple un matin, un collègue est arrivé soûl au travail… (exemple concret)

L’objectif : informer, démontrer, convaincre…

Exemples d’application : raconter une expérience professionnelle à un entretien d’embauche, donner son opinion sur un sujet…

La structure chronologique

En 3 étapes :

  1. Avant : Avant la loi disait…
  2. Aujourd’hui / Après : Aujourd’hui, suite à la réforme, la loi prévoit…
  3. Conséquences : Ce qui va changer pour vous, c’est que vous devrez désormais…

L’objectif : informer, pousser à l’action…

Exemples d’application : présenter un sujet en réunion, parler d’une évolution…

Et vous, connaissez-vous d’autres structures “qui marchent” ?

Téléchargez le guide !

Conseils et techniques pour gérer votre stress en prise de parole en public.

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