Comment préparer une prise de parole en public ?

Comment préparer une prise de parole en public ?

Combien de personnes avons-nous déjà écoutées qui prennent la parole sans savoir à l’avance ce qu’elles veulent vraiment nous dire ?

Le résultat : le propos est confus, incohérent, difficile à suivre. La personne se perd elle-même dans des détails, dans des parenthèses ouvertes et jamais refermées et perd aussi son public par la même occasion.

La prise de parole est un voyage

Prendre la parole en public, c’est emmener son auditoire vers une destination. Pensez-vous réellement l’intéresser ou le convaincre de vous suivre si vous ne savez vous-même pas où vous voulez aller ? Pensez-vous trouver le bon itinéraire et les moyens d’y arriver si vous ne connaissez pas votre point d’arrivée ?

La réponse est : probablement que non. Si certains d’entre nous sont d’excellents improvisateurs, l’improvisation ne peut s’acquérir en réalité sans pratique et sans préparation. Et si vous avez le temps de vous préparer, il faut le faire !

Comment préparer sa prise de parole ?

Si vous savez que vous avez une prise de parole ou une présentation à faire dans un jour, une semaine ou un mois, commencez dès maintenant à la préparer !

Mais avant de vous lancer tout de suite dans la rédaction de votre discours, commencez impérativement par définir votre destination (vous savez, l’histoire du voyage…).

En effet, si vous ne savez pas quel est votre message et ce que vous souhaitez transmettre à votre public, votre discours sera décousu et mal structuré.

Pour cela, un outil pratique : le PTTOME. Cet acronyme représente les 6 questions essentielles que vous devez vous poser pour préparer et appréhender votre prise de parole.

Le PTTOME

Chaque lettre signifie une question à se poser.

  • Public : à qui vous adressez-vous ?
    • => pour connaître les attentes de son public et s’adapter à lui.
  • Thème : quel est le thème ou le sujet de votre prise de parole ?
    •  => pour cadrer les limites de votre sujet et éviter le hors-sujet ou les questions non pertinentes du public.
  • Temps : de combien de temps disposez-vous ?
    • => votre contenu ne sera pas le même si vous avez 3 min ou 1h. Dans le premier cas, il faudra faire des choix sur les informations les plus importantes.
  • Objectif : quel est l’objectif de votre prise de parole ? (Convaincre ? Distraire ? Informer ? Pousser à l’action ?)
    • => pour définir l’intention de votre prise de parole et mesurer l’atteinte de cet objectif comme critère de succès de votre discours.
  • Message : en une phrase, que souhaitez-vous que le public retienne ?
    • => pour rester concentré sur l’essentiel et faire en sorte que votre discours laisse une trace pérenne dans l’esprit de votre public.
  • Emotion : quelle émotion voulez-vous que le public ressente ?
    • => pour transmettre cette émotion, il faut aussi que vous puissiez l’incarner.

Exemple :

Public : les citoyens français

Thème : la protection de l’environnement

Temps : 5 minutes.

Objectif : faire passer à l’action

Message : chacun d’entre nous peut contribuer à la protection de l’environnement en commençant par trier ses déchets

Emotion : inspiration

Vous pouvez ensuite synthétiser ce PTTOME en une phrase qui résume votre intention et que vous pourrez garder en tête pour aller droit au but.

Exemple : Je souhaite prendre la parole auprès des citoyens français pour leur parler de la protection de l’environnement et les inspirer afin que chacun décide d’agir en commençant par trier ses déchets.

Et après ?

Une fois que votre PTTOME est clair dans votre tête, gardez-le en mémoire et improvisez une prise de parole en ayant uniquement cette destination et cet objectif final en tête. Entraînez-vous à l’oral à essayer de transmettre votre message spontanément, seul devant votre caméra ou bien devant un proche. Vous serez surpris de voir à quel point votre discours est plus concis et va droit au but.

Bien entendu, cette première prise de parole ne sera qu’un premier jet, imparfait. Mais elle vous donnera une première base à partir de laquelle travailler.

Si vous vous êtes enregistrés, regardez-vous et notez sur une feuille de papier ce que vous avez raconté. A partir de cette base, vous pourrez améliorer votre discours : supprimer des phrases, changer l’ordre de certaines idées, rajouter des éléments que vous aviez oublié.

Et petit à petit, votre discours se structurera après plusieurs essais…

Les avantages de cette méthode :

  • pratiquer la prise de parole réellement en se mettant dès le départ en situation
  • avoir une structure directement issue de notre manière spontanée de réfléchir, ce qui facilite la mémorisation
  • être plus créatif car des idées émergeront sur le moment
  • s’entraîner et répéter pour assimiler son discours, le mémoriser sans forcément le figer et être toujours capable de le réinventer dans l’instant
3 questions sur la voix en prise de parole en public

3 questions sur la voix en prise de parole en public

Pourquoi la voix est importante en prise de parole en public ?

  • pour créer un confort d’écoute : le discours sera plus agréable à écouter pour le public si la voix est belle et audible. Quelqu’un qui parle avec le nez ou qu’on ne peut pas entendre demande des efforts d’attention supplémentaires au public. Le public est une masse dont l’attention est fragile et qui, par sa situation passive, a tendance à être paresseux et à vouloir faire le moins d’efforts possibles !
  • pour transmettre des émotions : les émotions dans un discours sont ce qui permet de toucher le coeur et les tripes du public et donc de le faire passer à l’action ou de laisser une trace pérenne dans son esprit. La voix est reconnue comme étant un transmetteur d’émotions : on peut ressentir des émotions rien qu’en écoutant la voix d’une personne (un chanteur ou quelqu’un au téléphone par exemple). De plus, lorsqu’on a une forte émotion, elle transparaît aussi dans notre voix, il est difficile de la cacher. Quelqu’un de stressé va avoir une voix qui tremble ou plus aigüe. Quelqu’un qui a subi un traumatisme ou un choc psychologique et émotionnel peut avoir la voix coupée : une incapacité à parler.
  • pour être à l’aise avec soi-même et gagner confiance en soi : si on aime pas sa voix, c’est comme lorsqu’on aime pas son corps. On a du mal à s’accepter, on se dévalorise, on perd confiance en soi. Apprendre à aimer sa voix, être fier de sa voix, oser hausser la voix pour se faire entendre est un vrai travail sur soi mais une fois qu’on y arrive, on se sent plus libre, plus affirmé, mieux dans son corps !

Pourquoi les gens n’aiment souvent pas leur voix ?

Les gens n’aiment pas leur voix parce que la voix qu’on entend dans sa tête est différente de celle que les autres entendent. Et lorsqu’on s’enregistre et qu’on s’entend parler, on ne peut pas supporter de s’écouter. Ce n’est pas parce que notre voix est laide, c’est parce que le décalage entre notre perception et la réalité est énorme : cela nous paraît monstrueux.

Le corps est une caisse de résonnance. Comme nous sommes à l’intérieur de la caisse, le son qu’on entend de l’intérieur est déformé par rapport au son perçu de l’extérieur. Une fois qu’on comprend cela, on peut mieux accepter la différence de voix et mieux accepter sa voix ou du moins être plus tolérant avec ce qu’on entend !

Pour travailler sa voix, il faut écouter sa voix mais pas seulement puisqu’on ne peut pas se fier totalement à ce qu’on entend (le son est déformé). Il faut aussi “écouter son corps”, ce sont nos sensations corporelles qui vont nous donner les indices fiables sur notre voix. 

Est-ce qu’on peut changer sa voix ?

On ne peut pas changer de voix dans le sens où on est né avec des cordes vocales qu’on ne peut pas changer. Chacun a sa voix et heureusement qu’on n’a pas tous la même voix.

Par contre, on peut travailler sa voix, apprendre à jouer avec, à faire différents effets. On peut faire plein de notes différentes avec sa voix, aller du grave vers l’aigu, du faible au fort… Certaines personnes roulent en Peugeot, d’autres en Citroën. Peu importe la voiture que vous avez, le plus important c’est de bien conduire ! La voix c’est pareil : on a tous des voix différentes mais on peut apprendre à bien l’utiliser !

Les imitateurs sont de très bons exemples de tout ce que nous pouvons faire avec notre voix. Les humoristes qui imitent les voix de personnalités célèbres ne changent pas réellement leur voix : ils travaillent sur certains aspects de la voix (rythme, intonation, tics de parole…) pour reproduire “la façon de parler” d’une personne, son identité vocale, qui nous donne ainsi l’illusion d’entendre quelqu’un d’autre. 

Exemple d’un imitateur qui explique les 5 caractéristiques de la voix sur lesquelles on peut jouer :

Comment j’ai vaincu ma peur de parler en public

Comment j’ai vaincu ma peur de parler en public

Je n’ai jamais été une grande gueule ou quelqu’un d’extraverti.

De nature plutôt discrète et réservée, je n’étais pas de celles qui s’exprimaient en classe sans qu’on leur ai donné la parole.

J’ai très tôt remarqué que certaines personnes avaient plus de facilités que moi pour s’exprimer à l’oral, que ce soit dans les études ou lors de diverses occasions sociales.

Lorsqu’il fallait que je parle en public, je faisais comme la plupart des personnes qui n’ont pas d’aisance à l’oral et tentent comme elles peuvent de masquer leur stress.

J’écrivais tous mes propos sur une feuille à laquelle je me raccrochais ou j’apprenais par coeur mon discours en espérant être capable de me rappeler de tout sur le moment. Deux choses à ne strictement pas faire en prise de parole en public… mais que je ne savais pas encore.

Aujourd’hui, je repense à cette période en souriant et en regardant avec fierté le chemin parcouru.

Car OUI, on peut ne pas être à l’aise en prise de parole en public et le DEVENIR.

OUI, on peut finir par AIMER prendre la parole jusqu’à devenir excité de le faire, trépigner d’impatience à l’idée d’intervenir devant un public et se sentir serein pour faire un discours devant 100 personnes.

COMMENT cette évolution est-elle possible ?

Voici le récit de mon expérience.

Tout commence par l’apprentissage d’une technique de prise de parole en public

Est-ce que vous aussi, lorsque vous prenez la parole en public, vous avez l’impression de tomber dans une dimension parallèle ?

Le stress vous envahit, vous avez chaud, des choses bizarres se passent dans votre corps. Mains moites, tremblement, mal de ventre… Il paraît difficile d’avoir les idées claires, parfois même de discerner correctement le public qui se trouve face à nous. On prononce des mots mais la seconde d’après on a déjà oublié ce qu’on a dit.

Tout se passe comme si nous ne contrôlions absolument rien, comme si on nous avait jeté à l’eau alors qu’on ne sait pas nager.

Cette sensation, je l’ai déjà vécu à plusieurs reprises.

Cette même sensation de sauter dans le vide sans parachute, sans rien avoir auquel se raccrocher.

Jusqu’à ce que je comprenne pourquoi : si j’avais tant cet impression de VERTIGE, c’est parce que je ne SAVAIS PAS comment m’y prendre. Que faire de mes mains ? Dois-je prendre mes notes ou pas ? Où regarder ? Comment occuper l’espace ?

C’est comme conduire une voiture qui fonce sans avoir le permis : on est paniqué face au tableau de commande qu’est notre corps, tous les signaux d’alarme sont allumés et on ne sait pas comment arrêter la machine.

Tout a changé le jour où j’ai appris qu’il existait des techniques pour prendre la parole en public.

Toutes les questions que je me posais avaient en fait une réponse.

J’avais déjà suivi des ateliers avec un comédien, fait un peu de théâtre quand j’étais plus jeune et même suivi un cours de joutes oratoires pendant mes études. Ce n’était donc pas comme si j’ignorais que des cours existaient. Seulement j’avais toujours eu l’impression que ces cours étaient des jeux de dupes, où il fallait faire semblant de faire les exercices du prof et d’être à l’aise, faire le clown pour faire rire l’assemblée et montrer qu’on savait parler.

En fait, dans ces ateliers et événements, on n’apprenait pas vraiment de TECHNIQUE, pas vraiment de MÉTHODE. C’était à chacun de se débrouiller, à chacun de survivre.

Le jour où j’ai assisté à un vrai cours d’art oratoire,

dans une école d’art oratoire,

avec des profs qui enseignaient leurs cours selon un programme sérieux et des élèves qui apprenaient tous dans une démarche de progression, mon stress a petit à petit commencé à s’évanouir.

J’ai compris ce qu’il me manquait.

Ce qu’il me manquait c’était un CADRE d’APPRENTISSAGE BIENVEILLANT et une TECHNIQUE de prise de parole en public.

Ce bagage technique, je l’ai toujours avec moi aujourd’hui et je l’emmène partout où je suis amenée à prendre la parole. J’ai en partie vaincu ma peur de parler en public parce que maintenant, je suis capable de m’appuyer sur des techniques que j’ai répétées et répétées des centaines de fois.

Mais l’apprentissage d’une technique ne fait pas tout.

Il ne suffit pas d’apprendre pour être à l’aise et c’est mon deuxième point qui a été une vraie révélation pour moi.

Pratiquer de manière répétée pour s’exposer à sa peur

Rien ne sert d’écouter un professeur sur comment apprendre à nager si on ne se jette pas à l’eau pour essayer.

De même, vous pourrez lire des livres, des articles ou même regarder des vidéos sur la prise de parole en public, ce n’est pas comme ça que vous réussirez à apprendre ou à vous améliorer.

Je suis désolée de vous décevoir mais ce n’est pas à la fin de cet article que vous aurez vaincu votre peur de parler en public.

ON NE PEUT PAS espérer s’améliorer en prise de parole sans OSER se mettre en dehors de cette zone de confort et s’EXPOSER pour prendre la parole.

Et c’est là que le cadre d’apprentissage bienveillant est très important. Car comment s’exposer, avoir le courage de faire des erreurs et de parler en public si on est pas assuré que ce public est bienveillant, respectueux et encourageant ?

Le fait de pratiquer la prise de parole dans ce cadre-là m’a permis de progresser et de gagner rapidement en aisance au fil des semaines.

Mais mieux encore, c’est en rejoignant l’association de démocratisation de l’art oratoire ADAO et en commençant à re-transmettre tout ce que j’ai appris sur l’art oratoire à des personnes qui étaient comme moi il y a quelques années que j’ai réellement pu gagner en confiance et en aisance.

C’est le fait d’animer ces ateliers régulièrement en étant dans la posture d’oratrice que j’ai vraiment pu mettre en pratique tout ce que j’avais appris et me perfectionner.

Maintenant, je peux dire que je n’ai plus peur de parler en public car j’y ai été tellement exposée que mon cerveau ne calcule même plus cette épreuve. Il y est habitué.

J’ai toujours le trac, bien sûr, ce petit stress qui monte avant de prendre la parole mais il finit par se dissiper après les premières minutes. Rien de bien grave !

VOUS AUSSI vous pouvez tout à fait espérer atteindre cette aisance à l’oral. Si je l’ai fait alors que j’étais timide et sans aptitude naturelle, alors VOUS AUSSI vous pouvez le faire.

Vous pouvez vous exposer à la prise de parole en intervenant plus régulièrement en classe, en réunion au travail ou même dans les discussions avec vos amis.

Vous pouvez décider de votre plein gré, de faire une petite conférence sur un sujet qui vous passionne et d’inviter vos proches en qui vous avez confiance à venir vous écouter.

Vous pouvez vous donner le challenge de faire un discours lors du prochain anniversaire ou mariage auquel vous êtes invité.

Toutes les occasions sont présentes dans la vie quotidienne. C’est en s’exposant à sa peur, en pratiquant beaucoup, qu’on peut espérer dépasser cette épreuve un jour.

Il n’y a pas de secret.